Lundi, le président de la République a décidé de suspendre la vaccination avec AstraZeneca alors même que son Premier ministre affirmait le matin même qu’ « il faut avoir confiance dans le vaccin et se faire vacciner ». Un revirement subi qui apparaît comme politique plutôt que scientifique, la décision étant intervenue après la suspension de ce vaccin par plusieurs pays européens.
A l’heure où s’écrit cet article, bien malin qui peut dire ce qu’il en sera quand le journal sera publié… La seule certitude, c’est que la suspension de ce vaccin, si elle était prolongée, aurait une incidence sur la campagne vaccinale qui patine toujours alors même que l’épidémie, elle, ne ralentit pas, bien au contraire.
Mais il est, par contre, un secteur où l’incertitude ne règne pas, c’est celui de la politique du gouvernement en matière sociale. Toujours autant de beaux discours et de promesses ronflantes et toujours rien, ou si peu, pour venir en aide aux millions de nos concitoyens victimes de la crise sociale.
Devant le refus de prendre en compte la détresse des jeunes, à l’appel quatorze associations et syndicats de jeunesse, les étudiants, les lycéens, les jeunes précaires se sont mobilisés dans la rue pour demander, en particulier, « un plan d’urgence de 1,5 milliard d’euros contre la précarité », ce qui est bien peu si l’on pense aux 700 milliards versés, sans aucune condition, aux entreprises… dont certaines ne se sont pas privées de supprimer des emplois !
En même temps, les intermittents ont poursuivi et multiplié les occupations de lieux culturels pour exiger une nouvelle année blanche, mais surtout pour s’opposer à la dernière version de la réforme de l’assurance chômage qui, à partir du 1er juillet, va durcir les conditions d’accès aux indemnisations, pénalisant singulièrement les travailleurs qui enchaînent des contrats courts.
En même temps, la prime de 1000 euros annoncée lundi pour les travailleurs de deuxième ligne ne suffira pas à faire taire les mécontentements qui s’étendent. D’autant qu’elle est au bon vouloir des employeurs et que le Medef a déjà dit qu’il n’était pas sûr que les entreprises en aient les moyens… Nous sommes donc bien loin de « l’augmentation des salaires » réclamée par les secrétaires généraux de la CGT et de FO.
En même temps, la Bourse bat de nouveaux records. Il faut dire que notre CAC 40 reste un haut lieu du ruissellement… des dividendes. Si l’an dernier, 24 de nos multinationales étaient passées outre aux appels du gouvernement à ne pas verser de dividendes, cette année, elles sont 33 firmes, parmi les 37 à avoir déjà communiqué leurs résultats 2020, qui promettent de plantureux dividendes. De ce côté-là, il n’y a pas de crise…