LE TRAVAILLEUR CATALAN

Jean Carrère, sa passion, le rugby

Argelès-sur-Mer. Jean Carrère, ancien international de rugby à XV, figure emblématique de la ville d’Argelès-sur-Mer, dont il fut maire, est décédé vendredi 27 mai dernier.Retour sur le parcours d’un homme très apprécié tant dans sa ville que dans les stades.

Jean Carrère, maire d’Argelès entre mars 1983 et mars 2001, conseiller régional de Languedoc-Roussillon de 1998 à 2004, s’est éteint à l’âge de 92 ans des suites d’un arrêt cardiaque. À l’annonce de son décès, bon nombre d’Argelésiens ont exprimé leur émotion, « C’était quelqu’un ! », « on l’appelait le feu follet », « c’était une gueule ! ».

Le rugby, sa vie

Natif d’Argelès-sur-Mer, le jeune Jean Carrère a fait ses études en région parisienne, et ses débuts en championnat de France avec le Paris université club (PUC). Nommé professeur d’éducation physique à Thiers, dans le Puy de Dôme, il a rejoint le Racing club de Vichy, puis le Racing club de Toulon, puis l’USAP, et l’Etoile sportive d’Argeles. Joueur international, son premier match, en1956, il l’a disputé contre l’équipe écossaise et son dernier contre l’équipe d’Argentine en 1960. Les amateurs de rugby se souviennent encore de la mythique tournée des Bleus en Afrique du Sud, qui a vu les Bleus battre les Springboks pour la première fois, Jean Carrère était parmi eux. Mais il a été aussi entraineur à Toulon, à Narbonne et à l’USAP. Il a entraîné Jo Maso, ancien international et ancien manager du XV de France, durant la quasi totalité de sa carrière et notamment pour la finale du championnat 1974 perdue par Narbonne face à Béziers. « J’ai beaucoup pleuré », a dit Jo Maso, au micro d’une antenne locale, « Il a été mon seul entraineur et mon coéquipier à Toulon pendant deux ans, mon coéquipier pendant quatre ans à Perpignan, mon entraineur à Narbonne pendant sept ans. C’était un homme magnifique, remarquable… Il était très près de ses joueurs ».

Paroles d’anciens élus d’Argelès

Après une carrière sportive bien remplie, Jean Carrère a été maire d’Argelès en 1983,  et réélu jusqu’en 2001. Après trois mandats, c’est son dauphin Pierre Aylagas qui a pris la suite. Quant à lui, il a poursuivi sa vie politique en tant que conseiller régional de 1998 à 2004.

Danilo Pillon et Marc Séverac, anciens élus municipaux communistes se souviennent de leur maire Jean Carrère.

« Je le connais depuis 1987, c’est la seule personne que j’ai toujours vouvoyé, raconte Danilo, non par crainte mais par respect. Jean était un homme qui en imposait, certes par sa stature mais surtout par sa façon de vous écouter, jamais un mot plus haut que l’autre ». Et Marc de rajouter ; « je dirais qu’il avait le respect de la personne. Ancien élu communiste, je suis arrivé lors du dernier mandat de Jean – je rappelle que nous avions auparavant cinq élus communistes au conseil municipal- il a toujours été respectueux envers nous. Malgré nos différences de point de vue parfois, il savait écouter ses partenaires politiques ».

Concernant la construction du port d’Argeles, Marc Séverac précise : « Si le port a vu le jour, nous le devons à Jean, car le port, c’est le « bébé » de Jean. Ce projet néanmoins n’avait pu aboutir dans sa totalité puisque la partie sud du port avait été cassée, mais tel qu’il est actuellement, c’est vraiment le projet de Jean. Concernant la partie du port non construite jouxtant le Racou, un projet sur dimensionné avait été élaboré par le cabinet d’études, mais c’était sans compter sur l’attachement de Jean pour le Racou. Il possédait une maison qu’il habitait six mois de l’année, tous les matins il allait se baigner. C’était son havre de paix. »

D’ailleurs, rappelle Danilo, « le Racou n’est pas le seul endroit « sauvé » par Jean. Je me souviens d’une proposition de construction d’un terrain de golf sur Valmy. Au sein du conseil municipal, certains y étaient opposés, dont nous, élus communistes. Jean, de part son écoute, a su réagir et ce projet n’a pas vu le jour. Cela aurait été une catastrophe écologique ».

Un lieu bien connu des Argelésiens porte le nom « Espace Jean Carrère », était-ce déjà pour lui rendre hommage ? « En effet, commente Danilo, telle avait été la raison. C’est une des rares fois où l’on a donné le nom d’une personne, de son vivant, à un lieu d’Argelès. Jean n’était pas d’accord avec cette proposition, il a fallu insister et même passer au-delà de son avis pour le faire. Et aujourd’hui, avec sa disparition, nous avons eu raison de faire cette proposition.

 
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