LE TRAVAILLEUR CATALAN

Normalisation des relations entre les Émirats et Israël. L’État hébreu a concédé mettre fin à la poursuite du processus d’annexion des territoires palestinien mais sans garanties.

Pendant que l’armée israélienne multipliait les frappes aériennes, coupait l’accès au carburant dans la bande de Gaza, réduisait de 15 à 8 miles nautiques la zone de pêche pour les Gazaouis et fermait le poste de Kerem Shalom d’où entrent les marchandises pour Gaza, un accord a été signé entre Israël et les Émirats arabes unis, pour « normaliser leurs relations » diplomatiques.

Cet accord, négocié par les États-Unis, prévoit, selon les Émirats, qu’Israël mette fin à son plan d’annexion de grandes parties de la Cisjordanie occupée. Le plan controversé de Donald Trump, dévoilé en janvier, offre à Israël la possibilité d’annexer des territoires et des colonies juives de Cisjordanie. Il est considéré comme illégal au regard du droit international. « L’annexion de pans de Cisjordanie est repoussée mais nous n’y avons pas renoncé », a cependant déclaré Benyamin Nétanyahou.

« Une ÉNORME avancée », a tweeté Donald Trump, qui l’a qualifié d’« accord de paix historique entre nos deux GRANDS amis ». Joe Biden, candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, a quant à lui, salué : « Israël et les Émirats arabes unis ont franchi une étape historique pour effacer les profondes divisions du Moyen-Orient ». L’ancien vice-président de Barack Obama a qualifié la décision émiratie d’entretenir des liens diplomatiques avec Israël de « décision gouvernementale courageuse et grandement nécessaire ».

L’accord est évidemment une « victoire » pour la diplomatie, a commenté l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, Youssef al-Otaïba sur Twitter. « Cette annonce est une victoire pour la région et pour la diplomatie », a-t-il écrit. « C’est une avancée pour les relations entre Israël et les pays arabes », a-t-il ajouté, soulignant que l’accord « préserve l’option de deux États (israélien et palestinien), défendue par la Ligue arabe et la communauté internationale ». Cette option est pourtant ignorée par le président Trump dont le plan de paix ne comporte aucune référence à un État palestinien vivant aux côtés d’Israël.

Un chèque en blanc pour Israël estime le Hamas

De son côté, le président égyptien, Mohamed al-Sissi, dont le pays, un allié des Émirats et des États-Unis, est l’un des deux États arabes avec la Jordanie, à avoir signé un accord de paix avec Israël, a salué le compromis entre Abou Dhabi et Israël.

Ces dernières années, Israël a développé une coopération officieuse avec des économies régionales comme Bahreïn, les Emirats et l’Arabie saoudite, avec lesquels il cherche à normaliser ses relations. Cette normalisation était intimement liée au processus de paix avec les Palestiniens, qui devait servir de pont aux relations avec le monde arabe et plus largement musulman.

Pour le Hamas cette décision « ne sert pas la cause palestinienne » et constitue un « chèque en blanc » pour la poursuite de « l’occupation » par l’État hébreu, a dénoncé le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza. « Cet accord est rejeté et condamné. Il ne sert pas la cause palestinienne mais est considéré comme une continuation du déni des droits du peuple palestinien », a déclaré à l’AFP Hazem Qassem, le porte-parole du Hamas. « Le Hamas estime qu’il faut soutenir et aider le peuple (palestinien) et non établir des relations avec l’occupation (israélienne) » a rajouté ce responsable du Hamas.

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a qualifié de « trahison » de la cause palestinienne cet accord. « Les dirigeants palestiniens rejettent ce que les Émirats arabes unis ont fait. Il s’agit d’une trahison de Jérusalem et de la cause palestinienne », a indiqué dans un communiqué la direction palestinienne. Il appelle à une « réunion d’urgence » de la Ligue arabe pour dénoncer ce projet soutenu par les États-Unis.

Dominique Gerbault

 
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