LE TRAVAILLEUR CATALAN

Trévise  / USAP un match à oublier.

En Challenge Cup, les Catalans défaits sur l’envie (17-7) à Trévise.

« Venise n’est pas en Italie » chantait Serge Reggiani, mais Trévise est bien en Italie. Même si un orage d’une rare violence retarda le début de la rencontre d’un bon quart d’heure. Trévise « reste dans le cœur », la devise d’une ville, d’une région chargée d’histoire, de paysages, de tourisme et d’industrie, mais aussi de gastronomie. Et comment taire le célèbre Prosecco, l’un des vins les plus populaires sur le territoire italien et bien plus loin encore. Située à moins de 50 kms de Venise, Trévise, la petite Venise, possède, elle aussi ses nombreux canaux comme sa célèbre sœur et sa région riche en arts est aussi un riche bassin industriel. Bien sûr le sport favori reste le cyclisme, mais le rugby a, depuis quelques années, acquis toutes ses lettres de noblesse grâce à Benetton qui a donné de belles couleurs au club de rugby depuis qu’il est devenu son principal sponsor. Suffisant pour que le Benetton Rugby Treviso (baptisé simplement Benetton Rugby) devienne connu, et parfois redouté, dans le monde européen de l’ovalie. À tel point que gagner à Trévise fait partie, de nos jours, du domaine de l’exploit.

De nombreux internationaux

Même si Trévise et l’USAP s’affrontaient pour la première fois en Challenge Cup (la petite Coupe d’Europe), les deux clubs avaient eu, par le passé, l’occasion de mesurer leurs forces en Champions Cup et ce à dix reprises pour une seule défaite des sang et or. L’USAP était alors au sommet du rugby français et pouvait, de fait, lutter quasiment à armes égales avec les meilleurs clubs européens. À l’inverse Trévise s’est, depuis, sérieusement renforcé et a, surtout, intégré la Ligue Celte. Cette équipe italienne se retrouve confrontée à des équipes plus solides telles que le Leinster, l’Ulster ou autre Munster. Inutile de préciser que, pour l’USAP, ce déplacement… ne sentait pas très bon. Trévise pointe à la dernière place de la Ligue Celte mais son équipe est constellée d’internationaux italiens, bien entendu, mais aussi d’anciens Sud-Africains, Anglais ou encore Argentins qui firent les beaux jours d’équipes de renom. Qu’avait alors l’USAP à proposer sachant que, pour les Catalans, ce Challenge n’avait que peu d’intérêt si ce n’est celui d’encaisser 200 000 euros en cas de victoire et de qualification ?

Les yeux rivés sur le maintien

Trop de titulaires avaient été laissés au repos à Perpignan pour espérer ramener une victoire de Vénétie. Quelques jeunes Espoirs du club catalan avaient été convoqués pour s’ajouter aux remplaçants ou aux joueurs en manque de temps de jeu. Et que croyez-vous qu’un tel amalgame ait pu produire comme rugby ? Une véritable bouillie de rugby avec un temps apocalyptique, des trombes d’eau pendant tout le match, peut-être pour fêter l’arrivée à l’USAP de son nouveau sponsor… la SAUR, société de traitement des eaux. Sans oublier le vent qui tourna à la pause obligeant les Catalans à l’affronter de face pendant deux mi-temps. Oh non ! Ce ne fut pas la principale raison de la défaite. L’équipe catalane manqua, bien entendu, de liant, d’automatismes et surtout de motivation. Sera-ce pour les jeunes Espoirs un excellent souvenir ? Pas si sûr ! Parmi les quelques titulaires de l’équipe Top 14 alignés à Trévise, il ne fallait surtout pas que l’USAP ramène des blessés et c’est le seul point où les sang et or semblent avoir rempli leur contrat. C’est déjà pas si mal ! Quinze jours pour préparer le déplacement à La Rochelle où l’USAP devra montrer un autre visage plus pétillant encore que le Prosecco.

Fins aviat !

Jo Solatges

 
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