
Le duo Sostenuto, flûte et guitare, après s’être produit à l’église Ste Marie du Tech a fait un triomphe à Banyuls avec un programme s’intitulant « Arrivée au nouveau monde ».
Titulaires l’un comme l’autre de réussites personnelles et de nombreux succès en tant que Duo Sostenuto, ayant déjà joué ensemble plus de 500 concerts, Marie- Laure Bouillon et Benoît Roulland étaient avec nous le dimanche 7 Juin. Bien évidemment il est peu d’œuvres écrites directement pour guitare et flûte ; elles requièrent donc transcription : c’est Benoît qui s’en charge et cela n’entache pas leur succès, bien au contraire. Un succès que soutiennent les remarquables instruments sur lesquels ils jouent : Marie-Laure use d’une flûte artisanale en ébène et argent fabriquée pour elle par le luthier américain Chris Abell, une flûte qui réunit les qualités techniques de justesse et de puissance d’un instrument moderne et la densité, la chaleur et la rondeur du bois ; Benoît joue depuis 2023 sur une guitare 7 cordes en cèdre du luthier russe Vladimir Druzhinin.
Des œuvres diverses pour une grande unité
Pour un beau programme, c’était un beau programme, où Marie-Laure, superbe robe longue rouge ne lâche pas cette flûte impressionnante et fascinante, tandis que Benoît, un peu dans l’ombre assure l’accompagnement, , de fait tout à fait partenaire, bien à égalité dans le duo.
Le tchèque Dvorak ne pouvait être absent d’un aussi beau choix. Le premier mouvement de sa Symphonie du nouveau monde prend un tour enrichi sous les sublimes variations de la flûte qui en fait ressortir les moindres finesses. Totalement différent apparaît Granados, lui aussi visiteur aux US, dont il ne revint pas disparu av ec sa femme dans le navire du retour. Ses courtes pièces présentées en une longue suite deviennent tout à coup une touchante pièce espagnole dont on ressent bien les finesses. Et la fameuse Rhapsody in Blue, pour orchestre, jazz pîano de Gershwin, né aux USA mais de parents fraîchement arrivés de Russie, donnée ici avec quelle précision par les deux instruments, et donc les deux artistes, dans sa totalité ! il y eut ensuite Sicilienne de Mario Castelnuovo Tedesco, juif italien exilé aux USA jusqu’à la fin de sa vie qui y a composé la musique de 200 films et Jurame-Despedida de Mariz Grever, la première compositrice mexicaine à atteindre une renommée internationale, qui a composé 800 chansons. Avec en bis une valse archiconnue pour parfaire l’amitié le succès fut total et fort visible.
Yvette Lucas









