LE TRAVAILLEUR CATALAN

Une troupe en surchauffe.

L’association « La maison bleue » proposait Cabaret Saint-Alban, une pièce de théâtre interprétée par des personnes souffrant de troubles psychiques.

Les vendredis du handicap est une initiative créée par le Conseil départemental en 2018 afin de sensibiliser le public au handicap au travers de films, de pièces de théâtre, de conférences, cela une fois par mois. Le vendredi 22 avril, salle Canigou de la MDPH, c’était du théâtre, proposé par La maison bleue, association d’usagers de la psychiatrie qui vise à « faire tomber les idées reçues sur la maladie psychique.» Au programme Le cabaret Saint-Alban mis en scène par Emma Battesti et interprété par dix-sept personnes souffrant de troubles comme la schizophrénie ou la bipolarité. Le sujet en était l’histoire de l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban en Lozère, un haut lieu de la psychiatrie institutionnelle, c’est-à dire une approche humanist-, un autre regard sur le malade. Une histoire forte et émouvante, marquée par la personnalité du docteur François Tosquelles, Catalan, réfugié de la guerre d’Espagne. Il a su impulser une thérapeutique humaine et empathique bannissant la camisole, chimique ou autre, une thérapeutique qui a fait école. Ce n’était pas simple de raconter cette histoire par le théâtre, Emma Battesti et sa troupe l’ont fait, le résultat est bluffant. La réalisation mêle le jeu des acteurs et la projection d’images d’archives dues à l’institut Jean Vigo filmées entre 1954 et 1974 à Saint-Alban. Scènes, situations, anecdotes s’enchaînent, chacune introduite par une pancarte explicative. Apparaissent des personnages, Tosquelles, bien sûr, des malades, des infirmiers, Eluard, qui passa à Saint-Alban…L’ensemble est porté par des comédiennes et comédiens formidablement impliqués jusque dans leurs fragilités, qui se moquent joyeusement d’eux-mêmes, épatants de justesse.  Au passage ils déplorent la misère actuelle de l’hôpital et revendiquent fièrement l’héritage de Tosquelles, Bonnafé et les autres. C’est un concentré d’énergies, d’émotions, de rires par une troupe en surchauffe, un magistral pied de nez à la maladie. Le public, nombreux, a manifesté une adhésion totale et enthousiaste.

N.G

 
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