LE TRAVAILLEUR CATALAN

Bautista Delguy sous les couleurs de l’Argentine.

L’USAP fait exploser (34-13) le Racing 92, l’une des meilleures équipes européennes

Après avoir pris une rouste à Clermont une semaine auparavant, l’USAP a prouvé qu’elle était capable de servir une belle rosta, la rouste catalane, à ses hôtes de la banlieue parisienne. Une rouste bien grillée, bonifiée avec trois essais d’écart, que les Catalans savent offrir aux clubs les plus huppés comme le Stade Toulousain ou le Racing 92. Décidément ils sont fous ces Catalans ! Capables de se faire démolir un samedi et d’écraser une équipe de galactiques une semaine plus tard.

Les folles relances de Bautista Delguy

S’il est un joueur au maillot bleu azur dont le jeu est empreint de folie c’est bien Bautista Delguy. Ce jeune ailier argentin de 24 ans, originaire de Remedios de Escalada dans la province de Buenos Aires, n’est pas toujours un remède pour ses partenaires. Crochets dévastateurs, courses en travers mais aussi… vers son camp, en font un véritable électron libre. Un danger pour ses adversaires ? Bien entendu ! Mais aussi pour ses partenaires qui ne savent jamais ce qu’il va faire. Le sait-il lui-même ? Pas forcément ! Rarement dépossédé du ballon, il cherche, à la vitesse de l’éclair, le trou dans lequel il pourra s’engouffrer pour faire avancer son équipe. Un véritable « Flash », comme le surnomment ses coéquipiers. Le manager Patrick Arlettaz en attrape des migraines : « Un jour on prendra un essai à cause de lui. J’espère que non, mais je crois que oui ! ». Aimé-Giral retient son souffle à chacune de ses chevauchées fantastiques voire fantasques pour exulter lorsqu’il met trois ou quatre adversaires dans le vent et inscrire un essai à la barbe des internationaux franciliens. Tranquille comme Baptiste, Bautista est l’ailier, international argentin, qui manquait à l’USAP pour faire briller une ligne de trois-quarts qui n’a rien à envier à celle de ses adversaires.

Les percées de Seilala Lam

Autre dévoreur d’espaces, le talonneur, arrivé à l’USAP en août 2017 pour compenser le forfait sur blessure de Brice Mach. Il n’est pas rare de voir « Lala » s’extraire d’un regroupement, prendre ses adversaires de vitesse pour foncer droit devant pour des chevauchées dont il a le secret. Deux départs contre le Racing qui conduisent, un peu plus loin, à deux essais de l’USAP. Il est aisé de dire que c’est une véritable… lame. Souvent touché lors de certaines actions, il reste au sol. Les supporters s’inquiètent mais le Samoan se relève encore et encore. Un Oscar Midi Olympique de la semaine vraiment mérité !

Comment, lors d’un tel match, passer sous silence l’ensemble de l’effectif qui a produit un match digne des grandes équipes. Et l’on se prend à regretter le début de saison où les Catalans ont trop souvent joué avec le frein à main, craignant de lancer des offensives, restreignant leur jeu au petit périmètre. Le match contre Toulouse avait déjà démontré que l’USAP pouvait rivaliser avec les meilleurs, le Racing 92 en a été la confirmation.  

Vous avez dit 200 ?

Ils sont entrés seuls sur la pelouse, avec sur la poitrine le souvenir brodé de leur 200e match sous les couleurs de l’USAP. Oh non, leurs parcours ne sont pas identiques ! Damien Chouly arrivait de Brive lorsqu’il porta en 2007 le premier maillot bleu azur. Le planxot en 2009 avec l’USAP, puis une expérience montferrandaise de sept saisons. International à 46 reprises, il réintégrera les rangs usapistes en 2019.

Moins voyageur que son aîné, Tom Ecochard, Narbonnais de souche, grand supporter du Real de Madrid (ouh!), est arrivé à l’USAP en 2009. Il avait 17 ans et ne quittera plus ce paletot frappé du blason qu’il a fait sien. À un supporter catalan qui lui demandait le maillot lors du tour d’honneur après la victoire contre le Racing, il répondra avec un sourire plein de bonheur : « Oh non ! Celui-là je le garde ! ». Un gage de fidélité !

Et pourquoi en fin de saison les joueurs de l’USAP ne voudraient-ils pas garder ce maillot qu’ils auront si brillamment défendu ?

Fins aviat !

Jo Solatges

 
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