Palestine
En menant une offensive violente et aveugle dans la bande de Gaza, Israël ne cherche pas seulement à se débarrasser du Hamas, mais cherche aussi à dépeupler tout ou partie de ce territoire en chassant et tuant ou faisant fuir les populations civiles.
La réalité de la politique menée par les Israéliens, et singulièrement depuis l’accession de Netanyahu au pouvoir il y a douze ans, c’est de « miter » petit à petit les territoires palestiniens par une colonisation brutale. Les accords du 29 novembre 1947, initiés par l’ONU et parrainés par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, prévoyaient la création de deux États, l’un juif et l’autre arabe, avec Jérusalem placé sous mandat international.
Cette partition en deux États ne verra jamais le jour et la succession de guerres entre Israël et les États arabes voisins, se soldera par une expansion territoriale d’Israël. Les frontières actuelles de l’État hébreu n’ont rien à voir avec les accords de 1947, ni même avec celles gagnées lors de la guerre des six jours en 1967. Israël, qui s’est toujours présenté comme victime de ses voisins, a considérablement étendu son territoire aux dépens des Palestiniens, mais aussi des États voisins, dont la Syrie et la Jordanie. Cette politique d’expansion territoriale s’accompagne d’une colonisation brutale des nouveaux territoires acquis par la force. Elle est inspirée par le mouvement sioniste, pour qui l’aboutissement de ces conquêtes doit être la réalisation du rêve de « l’Eretz Israël », le grand Israël des écrits bibliques. Mais c’est une illusion dangereuse, qui, à terme, peut mettre en danger l’existence même de l’État hébreu. Seul un retour à la raison, par la création de deux États, aux frontières sûres et garanties par l’ONU, pourra amener une paix durable dans cette région.
Le jeu dangereux joué par certains dirigeants israéliens avec le Hamas
Le Hamas est clairement une organisation terroriste, d’inspiration religieuse intégriste, qui bénéficie de l’appui de certains États du Moyen-Orient, dont le Qatar, qui n’est pas un exemple de défenseur de la liberté et des droits de l’Homme. Obsédés par leur volonté d’affaiblir l’Autorité palestinienne, les dirigeants israéliens de droite et d’extrême droite, en particulier Sharon et Netanyahu, ont tout fait pour aider les adversaires d’Arafat et de ses successeurs, dont le Hamas, dans la bande de Gaza, avec l’arrière-pensée de torpiller les accords d’Oslo, négociés par Arafat et Rabbin, sous l’égide des Américains. Les crimes du Hamas perpétrés le 7 octobre 2023, ne peuvent justifier les bombardements sur Gaza, qui, jusqu’à preuve du contraire, tuent essentiellement des civils innocents. L’ONU, faute de pouvoir imposer un cesser-le-feu, pourtant réclamé par 120 pays, joue sa crédibilité dans ce drame. Les risques d’extension du conflit doivent être pris au sérieux. L’Iran, soutien du Hezbollah au sud Liban, ne restera pas sans réagir si les massacres de civils sous les bombes continuent. Un cessez-le-feu immédiat doit être, plus que jamais, à l’ordre du jour si l’on veut éviter l’embrasement de la Région.
Roger Rio