
Musique romantique russe en la chapelle du Parc Ducup par un trio de jeunes talents invité par les Amis d’Alain Marinaro.
Une belle assistance remplissait l’immense et lumineuse chapelle du Parc Ducup à Perpignan dimanche dernier. Reconnaissons que le travail inlassable de l’association Marinaro est payant. De plus, elle joue un rôle important dans la promotion des jeunes musiciens, ce qui, en ces temps de disette, est précieux.
Invité pour ce concert, un trio cordes piano. Au piano, Rodolphe Menguy qui, en 2018 obtenait le grand prix Marinaro du concours international Piano à Collioure et poursuit depuis une impressionnante carrière. À ses côtés, Eliott Léridon au violoncelle et Grégoire Torossian au violon. Ces même pas trentenaires devaient livrer une prestation de haute volée témoignant d’une maturité exceptionnelle dans l’approche des œuvres. Lesquelles œuvres ne figurant pas dans les plus faciles du répertoire. Rachmaninov, pour commencer, trio élégiaque no 1 en sol mineur, bref et funèbre. Venait après le gros morceau le trio pour piano en la mineur op 50 de Tchaikovsky, œuvre fleuve composée en mémoire de Nikolaï Rubinstein, grand ami de Tchaikovsky décédé depuis peu. Nikolaï Rubinstein compositeur et pédagogue était une personnalité musicale moscovite, sa mort prématurée (en 1882) avait dévasté Tchaikovsky qui, détestant pourtant les trios pour cordes et piano, n’en a pas moins composé cet opus 50. Cette pièce s’ouvre et se clôt sur une marche funèbre d’où émerge le chant douloureux du violoncelle pour une phrase musicale qui revient sans cesse, piano et violon entrent dans la danse pour un récit musical marathonien passant sans cesse des ténèbres à des accents fougueux, presque joyeux. Le public est quasi en apnée devant la virtuosité des trois interprètes dialoguant d’un train d’enfer. Un trio dont on entendra sûrement encore parler.
Nicole Gaspon




