LE TRAVAILLEUR CATALAN

Espèce menacée de disparition, le hérisson peut compter sur une femme passionnée pour l’aider. Elle n’est pas la seule. Des associations existent qui veulent améliorer son sort.

Le hérisson d’Europe, Erinaceus europaeus, est un petit mammifère nocturne, omnivore et emblématique des jardins et des campagnes européennes, connu pour ses piquants et son rôle dans l’écosystème. « Il pèse entre 1 et 1,5 kg et est facilement identifiable grâce à son dos recouvert de 5 000 à 6 000 piquants, qui sont en réalité des poils agglutinés. Son ventre et sa tête sont recouverts de poils plus doux et jaunâtres. Il possède un museau pointu qui lui permet de fouiller le sol à la recherche de nourriture ».  Il inspire naturellement bienveillance et sympathie. Il est « l’ami du jardinier ». Et il devient personnage dans de nombreux ouvrages illustrés et contes destinés aux enfants. Et il n’est jamais le méchant. Qu’on se le dise ! 

Mais l’espèce est en danger ! 

Nous avons rencontré Annie Pezin, à Elne, passionnée par ces petits mammifères. 

 Après une carrière consacrée à un métier-passion dans le service public de l’archéologie, Annie, retraitée depuis 2021, se consacre désormais, auprès de plusieurs associations de protection ou sauvegarde de la biodiversité, à essayer au quotidien « de sauver ce qui peut l’être dans un monde qui met une pression énorme sur la nature ». Au gré de cet engagement, elle a découvert une espèce fascinante, particulièrement en souffrance. « J’ai pris conscience de l’urgence environnementale. Les dégradations continues des espaces naturels et du climat ont chaque jour des conséquences majeures sur la biodiversité. Le hérisson en souffre lourdement ». 

Annie Pezin poursuit alors ses explications : « Il faut savoir que le hérisson est considéré comme une espèce sentinelle qui alerte, qui avertit, qui lance des signaux quand l’équilibre écologique s’effondre dans un secteur ou un autre. La disparition de certains végétaux par exemple, ou celle de certains insectes, escargots et vers de terre privent l’espèce de leur nourriture habituelle ». Sont alors clairement mis en cause l’utilisation des pesticides, des fongicides et autres produits dits « phytosanitaires ». « Le hérisson est aussi une espèce parapluie : quand tu protèges cet animal, tu protèges en même temps d’autres espèces ». 

À la fois sentinelle et parapluie ! D’autres éléments apparaissent, que chacun connaît. D’abord, la circulation routière dense qui participe partout à la disparition progressive des petits animaux. Et, peut-être le plus important, la sécheresse chronique dans le département qui les prive d’eau, tout simplement, et l’augmentation régulière des températures qui perturbent ou empêchent leur hibernation nécessaire. « Nous en récupérons qui sont très affaiblis, maigres et déshydratés ». La reproduction, dont le temps est très court, s’affaisse par ces états de faiblesse et l’espèce décline.

Que faire ? Un appel aux maires est lancé

Annie fait une première proposition : « J’aimerais trouver dans le département une ou plusieurs communes qui acceptent de fabriquer des passages à hérissons entre voisins (un trou creusé dans les murets de séparation) et qui aident ces voisins volontaires à le faire pour que les animaux puissent se déplacer sans aller sur les routes ». Ensuite, elle donne quelques conseils, simples et réalisables, à chacun d’entre-nous : « ce qui est important, c’est d’avoir un jardin accueillant, avec une partie sauvage, sans pesticide et une haie. Il faut qu’ils puissent circuler, s’alimenter et boire. Mettre un récipient avec de l’eau est très important ». Enfin, des associations existent pour vous aider et vous donner la marche à suivre.

Michel Marc 

Vous rencontrez un hérisson ou toute espèce de faune sauvage en détresse : appelez l ’association la Charbonnière au 07.66.79.23.07. 

 
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