
La tragédie éternelle de Shakespeare revisitée par Guillaume Séverac-Schmitz et une troupe d’une énergie explosive.
L’Archipel démarre fort cette année 2026. Après le magnifique concert du nouvel an, l’orchestre National de France, la direction éblouissante de Yukata Sado, la virtuosité exceptionnelle du guitariste Thibaut Garcia et des musiques espagnoles, cap sur l’Angleterre et la célébrissime pièce de Shakespeare, Roméo et Juliette.
Une réalisation étonnante, voire iconoclaste, bien différente de celles (innombrables) qui l’ont précédée. Guillaume Séverac-Schmitz entend mettre en lumière les liens entre le théâtre de Shakespeare et le monde contemporain. Pour lui, Roméo et Juliette est une pièce qui représente « un symbole d’émancipation, de révolte et de liberté et non une pièce enfermée dans les vestiges d’un théâtre suranné et stéréotypé. »
Pari réussi. Une distribution majoritairement féminine, Roméo est joué par une femme, de la musique électro, un violoncelle, beaucoup de hurlements, de galopades en long et en large de la scène, de l’humour, mais oui ! Et un texte allégé.
L’impression générale est celle d’une folle énergie, celle de la jeunesse, son enthousiasme, son aspiration à la liberté, à l’amour. Beaucoup de lumière, de brillance, des costumes rutilants, des décors dans l’épure, rideaux blancs, échafaudage en guise de balcon.
Passés le bruit et la fureur du début, la réalisation peu à peu gagne en intensité. Face à l’inéluctable, l’émotion est là, la rage aussi de voir la jeunesse sacrifiée pour de vaines querelles d’adultes.
Nicole Gaspon
La pièce est en tournée en Occitanie, on peut encore la voir vendredi 23 janvier à la scène nationale du Grand Narbonne et les 12 et 13 mai à l’Estive, scène nationale de Foix.



