
À Banyuls-sur-Mer le 3 janvier, un hommage de haute classe par quatre musiciens inspirés.
Fût-ce avec quelques jours de retard, c’est bien le cent cinquantenaire de Ravel que les Amis d’Alain Marinaro ont célébré le 3 janvier à Banyuls avec quatre musiciens, vivant et œuvrant chez nous : Angélique Pondepeyre, la pianiste, Martin Braunschwig, le violoniste, Christine Mourlevat-Braunschwig, la violoncelliste, Magali Bourgarel, artiste lyrique et soliste professionnelle. Dans l’œuvre de Ravel, riche et tant prisée, ils avaient fait un fort beau choix, qui leur donnait l’occasion et le plaisir d’une magnifique prestation.
Il y avait d’abord le célèbre Trio en la mineur composé par Ravel à Saint-Jean-de Luz en 1914. Quatre mouvements successifs respectant, à la manière intime du compositeur, les lois du genre : Modéré, Pantoum, Passacaille et Final-animé. De quoi donner à Ravel les possibilités de composition qui lui étaient chères : subtilité, chatoiements, jeux impressionnistes, et de brèves envolées rapides histoire de ponctuer ce qui doit l’être. Les interprètes nous en donnant toute la beauté grâce à la qualité de leur jeu et la belle entente qui les tient. Magali Bourgarel, accompagnée au piano par Angélique Pondepeyre, chantait ensuite cinq mélodies, des chansons populaires grecques anonymes, harmonisées par Ravel. Une tout autre expressivité, insolite, presque sauvage, – chanson de la mariée, l’église, le galant et les cueilleuses de lentilles-, dites à merveille par la chanteuse et qui nous accrochaient très fort.
Le final réunissait les quatre musiciens pour nous « plonger dans les mille et une nuits » avec Schéhézade : trois mélodies sur des textes de Tristan Klings : Asie, la Flûte enchante, l’Indifférent. C’était beau, très beau, splendide.
Un grand merci aux musiciens manifestement heureux ensemble et avec leur public. Merci aux Amis d’Alain Marinaro pour la belle diversité de ces hommages toujours renouvelés.
Y. L




