LE TRAVAILLEUR CATALAN


Avec « L’abolition des privilèges » présenté à l’Archipel, le public est mis en situation, il est dans l’hémicycle de l’assemblée nationale, partie prenante des joutes verbales. Un projet ambitieux.

Quatre représentations dont une scolaire dans le Carré de l’Archipel pour L’abolition des privilèges, texte de Bertrand Guillot, mise en scène Hugues Duchêne. La nuit du 4 août 1789 comme si vous y étiez. Dans le Carré, qui n’a jamais si bien porté son nom, les spectatrices et spectateurs sont disposés en carré autour de l’espace scénique, figurant qui la Noblesse, qui le Clergé, qui le Tiers-État. Seuls les tenants de la Noblesse ayant droit à une coupe…privilège.

Au centre, un comédien Maxime Pambet, seul pour interpréter les débats, jouant donc une foultitude de personnages au fil d’un texte aussi brillant que labyrinthique. Remarquable performance qui n’en souffre pas moins de quelques aléas dont le plus évident et unanimement déploré, la difficulté à tout entendre. L’acteur n’étant pas sonorisé, lorsqu’il est à l’autre bout de votre rangée et tourne le dos, vous voilà privé d’une bonne partie du texte. Regrettable, d’autant que les similitudes entre 1789 et aujourd’hui étaient joliment soulignées. Le final, lorsque Maxime Pambet est rejoint par l’autre comparse, Hughes Duchêne, pour un dialogue sur des thèmes contemporains comme le féminisme, la procréation et autres, fait un peu décalé.

Sentiment mitigé, donc, au sortir de ce spectacle qui a fait un tabac au festival d’Avignon 2024. Et une forte motivation pour lire le roman éponyme de Bertrand Guillot.

Nicole Gaspon

 
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