
Ma ville, c’est Perpignan. Et avouons-le : ce clip n’est pas vraiment une surprise tant nous connaissons l’enthousiasme communicatif, et subversif de l’auteur de la chanson, Romain Lucas. Le travail visuel réalisé par son équipe graphique est remarquable, coloré, rythmé, signifiant et amusant. Envie de les suivre dans les rues et boulevards de la préfecture, en chantant et en manifestant. On reconnaît la ville, c’est clair. Avec ses paradoxes, et ses beautés. Le travail fait par les musiciens ne l’est pas moins, précis et enlevé, créant un univers à la fois festif, joyeux, dansant et combatif. Des odeurs de Rumba, des airs des Caraïbes, une pointe de latino, avec cuivres, trompettes, guitares, accordéon et percussions habillent le chant, sans le recouvrir. « Balla, Balla, balla …la Catalumbia ».
Danse, danse, danse ! La Catalumbia !
Et pourtant, le sujet est sérieux. Très sérieux. La chanson évoque l’obscurantisme, la ville de Perpignan, le RN, le racisme, et aussi, comme un contre-point, l’humanité nécessaire, la bienveillance, la diversité et l’intelligence utile. Les paroles, ciselées, nous invitent à ne pas laisser faire, à s’occuper de nos affaires : « tout ça c’est toi, toi ma ville, et ton cœur blessé laissé aux mains des loups, relève-toi, au diable la Marine, quand faut y aller, faut y aller, tu peux compter sur nous ». L’optimisme final, quand l’auteur « plonge dans le futur », nous rassure. « Il nous faut aller de l’avant, branche ton cerveau, c’est le moment de passer devant. On reste positifs, dans les collectifs, créatifs… Balla balla balla… ». Un regret quand même : le clip n’est pas remboursé par la sécu. Et pourtant…
M. M.


