
La fin de la seconde guerre mondiale en Allemagne à travers les yeux d’un enfant de famille nazie.
Située au nord de l’Allemagne, l’île d’Amrun est considérée comme un des plus beaux sites du pays. Elle est le cadre du film de Fatih Akin Une enfance allemande. Hark Bohm, acteur fétiche de Fassbinder et réalisateur, avait commencé la réalisation de ce film tiré de ses souvenirs d’enfance, mais son décès en novembre dernier a amené Fatih Akin a prendre le relais.
De vastes dunes, la mer… dans ce paysage de rêve vit Nanning, 12 ans, avec sa mère, enceinte d’un quatrième enfant, ses frères et sœurs et sa tante, son père est au front. Nous sommes en 1945, plusieurs maisons, dont celle de Nanning, arborent un drapeau avec la croix gammée, le garçon est membre des jeunesses hitlériennes sans vraiment mesurer le sens de cet engagement. La nourriture est rare, Nanning donne un coup de main à une fermière (Diane Kruger dans un petit rôle) pour améliorer l’ordinaire. Les nouvelles tombent, dont celle de la mort du Fürher qui plonge la mère de Nanning dans une profonde dépression. Nanning se mettra en quatre pour lui procurer le pain blanc, le miel et le beurre qu’elle réclame. Peu à peu, au fil des rencontres, la fermière courageuse, sa tante, un ami de la famille, des réfugiés polonais… Nanning va découvrir une nouvelle image de son pays. Jasper Billerbeck, formidablement émouvant, prête son beau visage pensif et sa blondeur au jeune garçon.
Avec ses plans impressionnants sur les paysages, la lenteur propre à la vie paysanne, des personnages forts, le film captive. Il a de plus le mérite d’aborder un sujet peu traité, la guerre et le nazisme finissants dans une famille ayant adhéré au national-socialisme, le vécu de cet effondrement. Savoir qu’il s’agit des vrais souvenirs de Hark Bohm le rend d’autant plus poignant. La dernière image montre d’ailleurs ce dernier âgé, sur l’île, face à la mer.
Nicole Gaspon

