LE TRAVAILLEUR CATALAN


Nous avons rencontré la cheville ouvrière du Printemps de l’Aspre, Odile Herran, qui nous a présenté le festival.

Vous venez d’annoncer la 23e édition du Printemps de l’Aspre, qui se tiendra, comme chaque année, tout au long du mois de mai. Comment assurez-vous une telle longévité à ce festival ?

Vous avez dit longévité ?! 22 ans de festival, J’en suis encore toute étonnée, je pourrais presque en avoir le vertige. Comment assurer cette longévité ? voilà la recette !

Rester fidèle à l’objectif premier, créer un festival itinérant pour contribuer au développement culturel et artistique du territoire rural et péri urbain des Aspres en suscitant l’attrait et le goût des habitants, éloignés des lieux de concert, pour les spectacles de musique vivante, tout en promouvant les producteurs de terroir locaux, vignerons et autres. Le tout à des tarifs abordables pour tous.

Garder le cap, avancer avec à la fois audace et prudence dans les partenariats publics et privés, tout en gardant la réflexion indispensable, la rigueur, et surtout en s’attachant à suivre les évolutions économiques, sociales, comme par exemple l’évolution de la viticulture dans l’Aspre, ou encore celle des politiques nationales et régionales en matière de culture.

S’appuyer sur les réseaux professionnels constitués au fil dans ans, qu’il s’agisse des partenaires du territoire de l’Aspre, ou des artistes. Nous avons découvert des groupes d’artistes talentueux qui eux-mêmes découvraient avec enthousiasme notre festival et souvent un département qu’ils ne connaissaient pas, n’y étant pas programmés. Ajouté à la beauté des lieux et la reconnaissance d’un public attentif et curieux, la qualité de notre accueil, l’un de nos points forts, beaucoup d’artistes ont manifesté le vif souhait de revenir. Les réseaux se sont ainsi diversifiés et agrandis, nous encourageant ainsi à poursuivre l’aventure du Printemps de l’Aspre.

Faire des bilans réguliers, se poser les bonnes et vraies questions (même celles qui fâchent !) face aux succès et aux échecs. Garder ce qui marche, oublier ce qui ne marche pas. Tenir compte du passé et regarder en face l’avenir proche. Difficile à gérer car malgré toutes les anticipations et précautions que nous prenons, notre festival, spectacle vivant comme son nom l’indique, doit faire face aux imprévus de la vie ; humains, politiques ou climatiques, ils ont été et sont chaque année toujours au rendez-vous ! De fait, nous avons développé une grande capacité d’adaptation et travaillé sur notre self control.

Pour les « imprévus », cela va du groupe d’artistes qui n’a pas pu prendre son train ou son avion en temps voulu, au changement de lieu de concert annoncé brutalement. Le pire des évènements qui aura marqué nos mémoires restera celui de l’année 2020 (Covid et confinement) où il a fallu annuler le festival pour rebondir en catastrophe au printemps 2021 ; pour rappel, nous avons été les seuls à maintenir un festival dès les annonces gouvernementales levées, avec une organisation répondant aux exigences sanitaires, le tout en un mois ! Reste en mémoire le meilleur, le souvenir de moments incroyablement chargés d’émotions et de beauté entre artistes, partenaires et public.

Depuis, je peux affirmer que nous sommes prêts à faire face à tout ou presque !

Etre attentif aux collaborateurs, maintenir le contact avec les bénévoles, les artistes, les festivaliers, communiquer avec sincérité, humanité, être à l’écoute et tenir compte des avis, besoins autant que faire se peut.

Pour finir, garder la foi, la joie, et garder surtout à l’esprit que malgré toutes les difficultés, le festival occupe une place irremplaçable dans l’Aspre et ses habitants, qu’il est attendu avec impatience chaque printemps, pour sa qualité musicale, ses rencontres conviviales, ses temps d’émotions partagées, dans la musique, noble nourriture qui remplit les cœurs et les âmes et rend certainement nos vies plus douces.

Comment définiriez-vous l’identité du festival Printemps de l’Aspre ?

Une identité unique et originale : le Printemps de l’Aspre est un festival itinérant, qui va de village en village sur un territoire rural et péri urbain pendant un mois, un parcours pour faire découvrir en même temps des musiques, des lieux, des produits du terroir.

Un festival qui va à la rencontre des habitants, au plus près de leurs lieux de vie.

Un festival associatif (ASDAMA), reconnu d’intérêt général, qui s’appuie un réseau de bénévoles et de partenaires publics et privés très engagés dans le projet.

Une proposition de 10 spectacles de musique vivante de styles très variés et toujours de qualité, dans une ambiance intimiste, petite jauge et moyens d’amplification calibrés, favorisant les rencontres entre festivaliers et artistes, le tout à des tarifs toujours très abordables pour faciliter l’accès au plus grand nombre.

Quelle est la ligne directrice dans vos choix musicaux ?

Nous programmons des ensembles musicaux que le public n’a pas l’habitude d’entendre sur des scènes locales en étant vigilant à ce que les projets restent accessible à tous. Il faut garder à l’esprit que le Festival vise à intéresser et attirer un large public, jeunes et adultes, notamment ceux n’ayant pas de pratique culturelle, familles avec enfants (gratuité pour les enfants).

Pour chaque site, le choix de la formation musicale qui s’y produira en concert est fait en fonction de critères artistiques, prenant en compte le caractère du site, l’acoustique du lieu et l’esthétique musicale du projet.

La programmation est originale et différente chaque année. Les groupes sont choisis pour leur qualité et leur originalité, leur absence de programmation sur les scènes locales proches et leurs esthétiques musicales, nous privilégions les musiques métissées, ces propositions étant relativement riches et nombreuses sur le territoire français. Il faut aussi que la proposition soit bien entendu compatible avec le budget prévisionnel du festival. C’est là que les contraintes budgétaires nous freinent souvent dans nos élans et enthousiasmes.

Quelles surprises pour cette édition ?

Les belles surprises sont nombreuses de par la grande variété et qualité des concerts programmés, notamment un concert à la bougie, du folk poétique, totalement exceptionnel, le 16 mai à Trouillas avec le No Mad Quintet.

Du 3 mai au 6 juin 2026, la programmation de la 23ème édition du Printemps de l’Aspre porte sur 9 spectacles musicaux. Nouveauté cette année, nous avons choisi de programmer 5 concerts en acoustique naturelle, toujours pour plus de proximité et qualité sonore.

Cette édition est festive, rythmée, joyeuse. C’est un parcours pays de l’Est, pourtour méditerranéen, Amérique du Sud, Orient avec des artistes talentueux et généreux, du trio au quintet, qui offriront des créations sur fond de tradition, des métissages, des fusions musicales : musiques et rythmes sud-américains, bal sans frontières, folk poétique, chants et musiques de l’Est, voix méditerranéennes, créations sur fond de jazz et hommage aux compositeurs brésiliens. De quoi satisfaire toutes les oreilles festivalières, des plus vierges aux plus exigeantes, mais toujours curieuses !

Un vœu pour l’avenir ? Quelles perspectives ?

Que pourrions nous souhaiter d’autre que de voir le festival vivre encore l’an prochain, car la situation reste toujours pleine d’incertitudes.

Nous pourrions souhaiter le maintien des partenariats sans lesquels nous ne serions pas grand-chose, et l’augmentation du nombre de bénévoles avec l’arrivée de plus jeunes.

Les perspectives sont bien entendu directement liées aux moyens accordés. Au-delà d’un autofinancement tout à fait exceptionnel, le projet a besoin d’une reconnaissance et du maintien de soutiens financiers des collectivités locales pour atteindre l’équilibre.

L’avenir du festival est aussi lié à la fréquentation du festival cette année, nous espérons que le public répondra nombreux !

Propos recueillis par
Evelyne Bordet 

http://festivalprintempsdel-aspre.over-blog.com/

Les billets et cartes d’abonnements sont disponibles dans les points de vente de Thuir, Librairie Presse Papier, et de Perpignan, magasin le Disquaire

 
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