
Dans un peu plus d’une semaine aura lieu le premier tour des élections municipales. Nous avons rencontré Michel Coronas, responsable départemental du Parti communiste, pour lui demander comment il analysait cette échéance démocratique.
Nous connaissons toutes les listes de candidats et la plupart de ces listes se présente sans aucune coloration politique. Doit-on en déduire que cette élection n’est pas politique ?
Le premier constat que l’on peut faire devant cet « apolitisme », c’est l’impossibilité pour nombre de candidates et candidats de défendre le bilan de la politique menée par le gouvernement en matière de réduction des moyens aux collectivités locales. C’est difficile de soutenir publiquement des courants politiques qui, du centre droit à l’extrême droite, se sont tous prononcés au Parlement pour accentuer régressions sociales, recul du pouvoir d’achat, mise en cause de la Sécurité Sociale et politique de diminution de la dépense publique.
Aussi la première difficulté à laquelle se heurteront les équipes qui seront élues sera de choisir quel service public de proximité, quels investissements, il faudra sacrifier par manque de moyen. Et nombre de listes s’abstiennent de prendre en compte cette question et d’y avancer des réponses ; elles manquent ainsi de respect vis-à-vis des électeurs dont elles briguent les suffrages.
Que feront des élus soutenus par le Parti communiste pour respecter leurs électeurs ?
Pour notre part, nous sommes partisans d’une totale transparence concernant les objectifs des candidats. En premier lieu, les candidats que nous soutenons s’engagent à proscrire toute exclusion des citoyens dans l’accès aux différents services publics de proximité, au logement social, aux activités des associations locales en raison de leur origine sociale, ethnique, de leur orientations sexuelles ou religieuses. Cela sous-entend des tarifs accessibles à toutes les familles, à tous les habitants, favorisant le vivre ensemble.
En second lieu, ils s’engagent à lutter pour préserver les services publics locaux, voire à en créer de nouveaux, afin de toujours mieux répondre aux besoins qui émergent aujourd’hui dans les communes. Evidemment, cela nécessite, pour qu’ils fonctionnent bien, que les personnels ne soient pas précarisés, mais soient correctement formés et payés.
Mais pour les municipalités, cela nécessite des moyens importants…
Aujourd’hui, nombre de responsables économiques et socioprofessionnels dont les organisations réclament la diminution de la dépense publique sollicitent des collectivités territoriales un développement de leurs investissements et des commandes publiques.
C’est une façon de vouloir capter ces moyens publics, alors que l’État ferme les robinets financiers et que le secteur privé lui-même, notamment les plus grosses entreprises, ne brille pas par le niveau des réinvestissements de leurs bénéfices. Si les gros patrimoines ont considérablement progressé, c’est par la captation des richesses produites mais aussi alimentées par les 211 milliards d’euros affectés par l’Etat aux entreprises en 2023 sans contreparties sociales ou environnementales.
Des milliards qui pourraient être utilisés pour subvenir aux besoins économiques et sociaux… Par exemple pour des cantines scolaires dotés de tarifs progressifs, de alimentées par des producteurs locaux. Ou pour des associations sportives et culturelles disposants d’équipements et de moyens pour s’adresser à tous.
Dans notre département, la priorité c’est d’utiliser des moyens publics pour aider à la réalisation des milliers de logements sociaux de qualité afin de répondre aux besoins et non de financer des hôtels de luxe ou des complexes de golf.
Une autre priorité serait de permettre l’accès aux structures publiques de soins sans dépassement de tarifs, sans ces délais excessifs qui font perdre des chances de guérisons.
Répondre à l’accueil de qualité pour les personnes âgées, la petite enfance, soutenir des modes de déplacements favorisant les transports collectifs et ferroviaires, contribue à la création d’emplois utiles, non délocalisables, rentables socialement, économiquement et environnementalement vertueux. Les collectivités territoriales seules ne peuvent atteindre ces objectifs mais elles peuvent y contribuer efficacement si elles sont à la fois actrices et accompagnées.
Et que dire des intercommunalités ?
Ces intercommunalités sont un angle mort de la campagne électorale, personne n’en parle. Pourtant, elles ont été dotées de compétences accrues mais en partie hors de contrôle citoyen.
Il faut reprendre la main et que les conseils municipaux et les habitants soient régulièrement consultés avant toute décision importante ls concernant.
C’est pour cela que nous nous prononçons pour le maintien de toutes les intercommunalités existantes alors que certaines sont menacées comme celles du Haut-Vallespir, de l’Agly-Fenouillèdes, de façon à garder une proximité avec les habitants.
C’est pour cela que nous pensons que la communauté urbaine Perpignan-Méditerranée-Métropole doit se maintenir dans le périmètre actuel en faisant un effort pour développer la transparence, la vie démocratique et des propositions novatrices ébauchées par la plateforme informelle « L’agglo ensemble ».
Dans nombres de communes, le Rassemblement national se présente de façon plus ou moins affichée. Qu’en pensez-vous ?
Dans les Pyrénées-Orientales, le Rassemblement national n’a pas caché son ambition de développer son implantation, notamment en nouant des alliances avec des responsables politiques de droite, ceux-là même qui en relation avec les décideurs économiques portent la responsabilité de la situation de notre département particulièrement marqué par la pauvreté et la précarité pour les salariés. Evidemment, le RN n’a aucune volonté de remédier à cet état de fait, au contraire, il le cultive ! Un des marqueurs forts des communistes est de s’opposer au Rassemblement national et la fédération du PCF 66, ses militants appellent à faire barrage à des candidats qui ajouteraient à la crise sociale actuelle des éléments de racisme, de xénophobie, de rejet de l’autre.
Propos recueillis par René Granmont




