Après un intense travail en résidence, la Compagnie Paola Maureso réalise Cuivre, ambitieux dialogue d’arts croisés : musique, danse et installation plastique.
Un matériau -cuivre- pour argument. Une méthode qui allie Mouvement, Mémoire et Plasticité. La maîtrise de tout cela par trois musiciens polyvalents, une danseuse et un créateur lumières qui nous livrent un spectacle grandiose, impressionnant par son ampleur, sa sophistication, sa démesure. L’inattendu : ajouter à la musique et à la danse une installation plastique : grands praticables, cages ouvertes aussi mobiles que solides, multipliant les références à l’éclat du cuivre, par des objets, plaques ou carillons, et par la lumière qu’il fait jaillir. Trois musiciens occupent ces cages, alliant instruments, musique électronique, et manipulations sonores d’objets divers. C’est un voyage, nous disent ses créateurs : « au cœur de notre richesse interne, aux frontières du connu et de l’inconnu qui nous façonnent et qui nous meuvent ».
De la raideur au geste libéré
C’est à la fois peu et beaucoup. Un lien curieux se fait entre les trois musiciens dont la musique, magnifique, est vraiment très, très sonore et la danseuse silencieuse, seule au milieu d’un carré. Elle réagit au moindre son cadencé, se moule dans tous les détails, contraint son corps dans les moindres gestes. Car on est dans la raideur -celle du cuivre- qui fait quasiment du corps un robot. Une raideur presque insoutenable, admirablement maîtrisée, qui passera par de multiples contraintes avant de se libérer dans un superbe et libre élan de flamenco. Une construction maîtrisée de bout en bout, subtilement sculptée par les jeux de lumière qui s’intègrent dans l’ensemble.
Cette magnifique chorégraphie, et l’ensemble de cette impressionnante mise en scène, sont l’œuvre de Paola Maureso, qui tient aussi le rôle de la danseuse ! Chapeau, madame.
Yvette Lucas