
A Ille sur têt, le mécontentement s’organise
Elles et ils étaient 150, ce lundi matin sur le parvis de la mairie, pour contester la décision unilatérale et tout à fait personnelle du nouveau maire : « Supprimer ou déplacer les jardins familiaux historiques de la cité ». (Le prétexte avancé serait la dangerosité du site par rapport aux risques d’incendie. Seules 3 parcelles ont été épargnées par le dernier incendie). Il y avait, bien sûr, les familles concernées, mais aussi des amis, des citoyens choqués par la démarche, des militants de l’environnement et des groupes de gauche (LFI, PCF et En Commun), solidaires des « victimes » de la mesure administrative. Et, disons-le, une (très) forte délégation de la marée-chaussée. L’émotion provoquée par cette subite intuition d’après incendie du maire était grande. Les usagers ont alors pris la parole, l’un après l’autre, disant leur histoire, leurs souvenirs, leur usage, leur attachement à ce « petit bout de bonheur simple » . Ils ont raconté, avec émotion et colère. Ces lieux de vie, l’entretien régulier et l’exploitation de ces lopins de terre où sont cultivés quelques légumes, quelques fruits, et où sont élevés quelques poules pondeuses représentent beaucoup pour ces familles modestes. Culturellement et économiquement. Ces espaces de nature sont aussi des lieux de rencontres et de jeux pour les enfants les plus jeunes. Les dix-neuf parcelles seraient donc concernées et le court délai de départ semblerait d’ores et déjà fixé par l’édile autoritaire. Le maire ne s’est pas déplacé et la contestation s’organise.
Ces jardins familiaux, créés comme les jardins ouvriers ou d’entreprises au sortir de la guerre à la fin des années 40 (en 49 à Ille), répondaient alors à une nécessité économique (mais pas que) et offraient aux familles modestes la solidarité de la communauté d’un village ou d’une ville. Ils étaient le symbole du « bien vivre ensemble », de l’entraide citoyenne et institutionnelle, de la solidarité, des valeurs fortes dans cette période lointaine. Doit-on pour autant en conclure que ces valeurs, avec ces nouveaux élus de droite et d’extrême-droite, ont totalement disparu ?


