
Virtuoses en devenir

Collioure. Après une année blanche pour cause d’épidémie, la 13e édition du concours de piano Alain Marinaro s’est tenue du 31 août au 3 septembre. En ouverture un récital de Philippe Cassard, parrain du festival.
Au cœur de la manifestation initiée par Les amis d’Alain Marinaro, le concours qui, cette année, a vu s’affronter cinq candidats dont une seule fille. La cause de ce nombre restreint, un concours de reprise après la difficile année écoulée, mais aussi l’œuvre contemporaine imposée. Il s’agissait de Marineros, composé pour l’occasion par Daniel Tosi, un sacré challenge pour les candidats. Une pièce de haute exigence, mais « je ne peux que faire exigeant » avouait le compositeur qui ajoutait « cette pièce demande environ six heures de travail par jour pendant trois mois. » Marineros embarque dans un déluge de sonorités, des accords vibrants, un kaléidoscope de rythmes et de couleurs. Elle aura révélé un interprète qui devait méduser public et jury, Gabriel Durliat. A tout juste 20 ans ce pianiste s’est littéralement approprié l’œuvre, la jouant par cœur avec une aisance et une expressivité confondantes. Idem avec Ravel qu’il connaît sur le bout des doigts. Sans surprise il remportait le grand prix Alain Marinaro et l’on peut parier que l’on entendra reparler de Gabriel Durliat. Le jury, composé de Philippe Cassard, Daniel Tosi et Angeline Pondepeyre, a également tenu à distinguer par un prix spécial Rudy Gatti, candidat au parcours atypique, quasi autodidacte à ses débuts. Ce jeune a témoigné de beaucoup d’inventivité musicale. Anna Giorgi, seule fille, a obtenu un prix du public.
Musique face au clocher
Le lancement de la manifestation était revenu à Philippe Cassard avec un récital qui, le 31 août, remplissait le square Caloni. La magie du lieu face au célèbre clocher, un interprète haut de gamme, Schubert, Chopin et Debussy au programme, que rêver de mieux ? Tout en rondeur, la voix douce, Philippe Cassard est un pianiste chaleureux et plein de talent qui n‘a pas son pareil pour évoquer les œuvres et les compositeurs.
Piano à Collioure, ce sont aussi des petits déjeuners musicaux, des concerts dans les écoles et à l’EPHAD. Et en clôture, un duo de charme, Pauline Lamarque à la flûte et Julie Haismann au piano.