
Victoire des pays anti migration

Il y a cinq ans, lors du pic migratoire et face à l’engorgement que connaissaient l’Italie et la Grèce, l’UE a tenté d’imposer des quotas de répartition des migrants.
Pacte migratoire européen. Le 23 septembre, la Commission européenne a présenté ses propositions pour un nouveau pacte migratoire censé rendre les États plus solidaires les uns des autres dans l’accueil des migrants.
Rendre les états plus solidaires les uns des autres, lutter contre l’immigration illégale, accélérer la reconduction des personnes en situation irrégulière, décriminaliser le sauvetage en mer tels sont les objectifs du nouveau pacte migratoire.
Il y a cinq ans, lors du pic migratoire et face à l’engorgement que connaissaient l’Italie et la Grèce, l’UE a tenté d’imposer des quotas de répartition des migrants. Mais elle s’était heurtée au refus catégorique de la Hongrie et autres pays de l’Est. Pour contourner ces refus, le nouveau pacte européen propose une sorte de solidarité à la carte : chaque Etat reste libre d’accueillir les demandeurs d’asile ou de financer la reconduite des migrants en situation irrégulière. « C’est un peu le triomphe de Viktor Orban », analyse un commissaire européen. De même l’ONG Oxfam accuse l’UE de « s’incliner devant les gouvernements anti-immigration ».
Quelques avancées pour les ONG en méditérrannée ?
Pourtant la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, voulait absolument abolir le règlement de Dublin. Ce ne sera pas le cas : la demande d’asile sera toujours traitée par le pays d’entrée en Europe. Simplement de nouveaux critères y sont ajoutés. Le pays responsable de la demande pourra être celui où le migrant a de la famille, ou s’il y a travaillé ou étudié.
Pour lutter contre l’immigration illégale, il est prévu un processus accéléré aux frontières (douze semaines) pour écarter les demandes de migrants peu susceptibles d’obtenir l’asile. Le pacte propose aussi d’intensifier les relations avec les pays d’origine des migrants en finançant les pays qui luttent contre les réseaux de passeurs.
Enfin, le pacte prévoit que les migrants sauvés en mer soient accueillis et non renvoyés chez eux et que les Etats ne poursuivent pas les ONG menant des missions de secours en Méditerranée. Dont acte. Quand on sait que la France a refusé l’accostage du Sea-Eye à Marseille, on s’interroge sur la solidarité française.
Après discussion au Conseil et au Parlement européens, le pacte devrait entrer en vigueur en 2022.