Une république séparée de ses idéaux

Le terme séparatisme est utilisé par Jean Castex pour qualifier un « repli communautaire».
Projet de loi. Jean Castex a annoncé un projet de loi contre le séparatisme religieux ou ethnique. Une loi dangereuse dénoncée par les militants antiracistes et les collectifs contre l’islamophobie.
Le séparatisme définit un mouvement politique tendant à se séparer d’un ensemble national auquel il appartient. Aujourd’hui ce terme est utilisé par le gouvernement de Jean Castex pour qualifier un « repli communautaire» et prend une intention politique. Le terme séparatisme et son qualificatif de religieux ou ethnique ne manque pas d’étonner. Pour cerner cette expression nouvelle, le Premier ministre explique qu’il s’agira « d’éviter que certains groupes ne se referment autour d’appartenances ethniques ou religieuses ». Cette rhétorique prend corps dans le discours de Jean Castex où sont assimilés « les terroristes, complotistes, séparatistes et communautaristes ». Un amoncellement qui tend à englober des réalités très différentes mais qui ici vise un ennemi déclaré.
Une menace pour la lutte antiraciste
Qui est en cause derrière le terme de séparatisme ? C’est selon les mots du ministre «L’islamisme radical ». Depuis l’annonce du projet de loi, les sorties des membres du gouvernement se font plus violentes, tels les propos de
Gérard Darmanin qui évoque la menace d’une guerre civile : «Le pays est malade de son communautarisme et désormais d’un islam politique qui veut renverser les valeurs de la République. La première des choses que l’on peut faire, c’est d’éviter la guerre civile.»
Ses propos font écho pour les associations et comités antiracistes aux idées répandues par l’extrême-droite concernant une supposée menace islamiste.
Pour ces organisations la menace est réelle d’une institutionnalisation de l’islamophobie et l’entrave à leurs activités militantes. Concrètement le projet de loi consistera à légiférer pour empêcher certaines personnes identifiées comme appartenant à telle ou telle « ethnie » ou religion de vivre et de s’organiser ensemble. Comment et par qui seront identifiées ces personnes ? Les enquêtes menées sur les cas de discriminations dans le cas de contrôle de police invitent à une grande méfiance devant tout projet de loi d’une telle envergure. A l’heure où les mobilisations antiracistes prennent un relais international, c’est le repli communautaire français qui se joue.