
Une rentrée pas comme les autres

Nicolas GARCIA, secrétaire départemental du PCF 66 : » Pour ma dernière rentrée, l’enjeu est de redonner espoir en l’avenir ».
Politique. Coronavirus, rentrée scolaire, plans de licenciements… une rentrée des communistes sur tous les fronts ! Entretien avec Nicolas Garcia, secrétaire départemental du PCF.
Quels sont vos ressentis pour cette rentrée de septembre 2020 ?
Pour ma dernière rentrée politique comme secrétaire départemental, le contexte est vraiment particulier : angoisse, peur, incertitude, inquiétude. Il y a aussi un « faisceau d’impatiences ». L’enjeu est donc de redonner espoir en l’avenir.
Au vu de la situation nationale et internationale, peut-on comprendre les gens ?
L’explosion de la COVID19, la situation dans le monde Etats Unis, Brésil, Liban, Mali, Biélorussie, Catalogne mais aussi en France avec l’aggravation de la crise, le chômage et la pauvreté qui progressent super vite, les menaces sur le droit au travail … n’incitent pas à la franche rigolade. D’un autre côté, la prise de conscience de la nocivité du système capitaliste et sa contestation plus importante, les modes de production et de consommation, le rapport au travail et à l’environnement sont vus différemment par de plus en plus de monde, c’est une source d’espoir.
Notre département n’est pas épargné ?
En matière de COVID peut être un peu mais dans l’économique et le social ce ne sera pas le cas, bien au contraire. C’est sur les territoires déjà en grande difficulté que la crise fera le plus mal. Ni les salariés, ni le code du travail, ne peuvent être la variable d’ajustement. De légitimes actions de protestation sociale vont se multiplier à la rentrée, les communistes en seront.
Alors, comment voyez-vous l’avenir ?
Plein de potentiel si on fait ce qu’il faut, bien morose dans le cas contraire. Défense des droits et acquis sociaux, de l’environnement… investissement du terrain et ne pas le lâcher, seront les combats majeurs des communistes. Production et consommation locale, bannissement de la spéculation, lutte contre la pollution lumineuse, économies d’énergies, sauvegarde de l’eau, mobilités transformées notamment en milieu rural et « urbain », modernisation et développement des services publics, des énergies renouvelables, de la culture sont les conditions de sortie durable de la crise sanitaire, sociale et économique pour lesquelles citoyens, partis politiques de gauche et écologistes doivent se battre.
Pouvez-vous nous donner un exemple ?
Le rail en est un, surtout dans un département comme le nôtre (rails encore en place, éloignement de Paris…). Que cela soit le train primeur Paris – Rungis, le ferroutage, les trains de nuit ou ce que nous, communistes, avons appelé le RER catalan… le rail est une option, un atout, un moyen de développement économique, social et humain. C’est aussi une solution environnementale d’avenir.
Croyez-vous que les français partagent ces préoccupations et convictions ?
Les préoccupations sans aucun doute ! Si j’en crois l’enquête publié mercredi sur Libération, les français pensent que les enjeux prioritaires d’avenir sont le chômage (48%), la santé et les soins (46%), l’environnement (40%), le pouvoir d’achat (40%), la sécurité arrive 5ème avec seulement 33%. Je note que 77% des sondés disent que Macron devrait changer de politique et de priorités.
Les convictions c’est autre chose, d’autres facteurs entrent en ligne de compte comme la culture de l’homme ou la femme providentiel. Plus de 60% pensent qu’il n’existe aucune personnalité politique digne de confiance pour améliorer la situation. Si on y ajoute la défiance dans les partis politiques, cela pourrait avoir des conséquences graves au moment des élections, comme à Perpignan, Béziers et autres.
Comment envisagez-vous les élections départementales et régionales de mars 2021 ?
Pour moi il faut faire valoir la force collective des organisations politiques et citoyennes, en finir avec l’hégémonie d’un parti sur l’ensemble et avec l’idée d’une personnalité providentielle. Pour les prochaines échéances, provoquons la dynamique d’une union politique et citoyenne sur une ligne sociale et écologique très claire. Finies les combinaisons droite – gauche pour accéder au pouvoir contre une autre partie de la droite ou de la gauche. Il y a incompatibilité idéologique et philosophique entre la gauche et la droite comme entre libéralisme et écologie (les bonnes relations humaines, la courtoisie, l’amitié, sont autre chose). Seule exception possible : lorsque l’extrême droite menace. Pour mars prochain nous ferons tout pour construire une union politique et citoyenne avec un programme clairement de gauche et clairement écologiste. C’est la seule chance que nous avons d’éviter la droite et l’extrême droite à la Catalogne et à l’Occitanie.