Une réforme judiciaire contestée

Une réforme judiciaire contestée

Chaque samedi des dizaines de milliers d’Israéliens manifestent afin de protester contre la réforme du système judiciaire que tente d’imposer le gouvernement.

Israël

Chaque samedi des dizaines de milliers d’Israéliens manifestent afin de protester contre la réforme du système judiciaire que tente d’imposer le gouvernement.

La coalition de droite et d’extrême droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu accélère le processus législatif pour faire passer une réforme qui limiterait la possibilité pour la Cour suprême (*) d’invalider les lois. Le texte prévoit également de modifier le processus de nomination des juges au profit du gouvernement.

Les Israéliens ne veulent pas de cette réforme la qualifiant de « menace sur les fondements de la démocratie ». Selon les estimations des médias israéliens, les rassemblements battent des records d’affluence dans les villes de Haïfa au nord et Beer Sheva au sud, avec respectivement 50 000 et 10 000 personnes, et plus de 100 000 à Tel-Aviv. Des chiffres conséquents rapportés à la population israélienne qui compte un peu plus de neuf millions d’habitants.

Un gouvernement jusqu’au-boutiste

Le gouvernement reste sourd et refuse de faire machine arrière. Le président de la commission des lois à la Knesset (parlement), Simcha Rothman, a prévu des auditions sur le projet de réforme judiciaire tous les jours. Ce calendrier prévoit de faire adopter les principaux éléments de la réforme avant la fin de la session d’hiver de la Knesset, le 2 avril.

Le nouveau gouvernement d’extrême-droite israélien, en fonction depuis décembre dernier, horrifie tous les démocrates. Les Palestiniens se sentent menacés par des nationalistes et des ultra-orthodoxes décidés à intensifier la colonisation et leur politique d’apartheid. La fièvre de violence des colons contre les Palestiniens atteint son paroxysme depuis plusieurs semaines et cette mainmise du pouvoir politique sur la justice pourrait enterrer pour de bon toute pacification du conflit.

Les Israéliens sont attachés à l’État de droit. Celui-ci est plus que jamais attaqué, au point d’inquiéter les États-Unis, allié historique indéfectible de l’État hébreu. Les Israéliens ne comptent pas rester impuissants face à la déliquescence de leurs institutions. Le mouvement pourrait se durcir au point de rompre définitivement avec ce gouvernement pyromane.

Dominique Gerbault

(*) Équivalent de la Cour constitutionnelle en France.

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