Une famille et deux concerts

Une famille et deux concerts

© DR. Gabriel Rignol, au théorbe.

Concerts. Musique baroque pour Gabriel, musique romantique pour le quatuor Alternance, la famille Rignol et ses amis ont enchanté le public banyulenc. 

L’histoire de la musique est jalonnée de la présence de familles de musiciens. À Perpignan, la famille Rignol s’intègre dans ce parcours, offrant à Banyuls le 24 octobre, deux concerts bien différents.

Une première partie baroque

Gabriel Rignol à la Rectorie proposait un voyage baroque à la guitare et au théorbe. À vingt ans, il a obtenu en août 2021 le premier prix du concours international de musique ancienne Maurizio Pratola. Avec son concert banyulenc, il prépare un nouveau concours. Bien composé, son programme se veut un récit de l’invention et du voyage de ses deux instruments. Un parcours infiniment doux. Des musiques choisies, de Corbetta et Gaspar Sans (en début et fin de concert), de Robert de Visée, Kapsberger, Castaldi, d’Italie, de France, du 17e au début du 18e qui invitent au repos et à la méditation. On apprécie la qualité du jeu, la concentration intime, la virtuosité discrète mais combien efficace de l’interprète, à qui l’on ne peut que souhaiter de poursuivre avec le succès qu’il mérite ce parcours dûment récompensé.

Le quatuor Alternance. De g. à dr. François Michel Rignol, piano, Juilen Malait, violon, Claire Hélène Rignol, alto, Daniel Brun, violoncelle.

Incursion romantique

Le second concert, salle Novelty, nous mettait en présence du quatuor Alternance : Julien Malait au violon, Claire Hélène Rignol à l’alto, Daniel Brun au violoncelle et François Michel Rignol au piano. Pour un autre voyage, au cœur des quatuors romantiques. L’accord profond entre les quatre musiciens donnait toute sa valeur à la première œuvre : le quatuor avec piano en sol mineur N°1 KV 478 de Mozart. Cet accord indispensable se manifestait encore plus profondément avec le quatuor avec piano en sol mineur N°1 op.25 de Johannes Brahms. L’œuvre, qui fut jouée pour la première fois avec Clara Schumann au piano, est un ensemble impétueux, avec des élans aussi excitants que variés. La partie pianistique d’une grande richesse semble tenir l’ensemble. Pas question pour autant que François Michel Rignol, dont les habitués connaissent la très grande finesse, outrepasse son rôle. Tout en la maîtrisant et ne faisant aucune concession sur la force de sa partition, il a tenu de bout en bout jeu égal et hautement accordé à celui de ses compagnons occupés aux cordes. Ce concerto, d’une très grande ampleur et variété, remarqué pour son dernier mouvement : rondo alla zingarese (révérence à l’esprit tsigane), a particulièrement comblé le public. 

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