
Une équation à beaucoup d’inconnues

Elections municipales. Les conditions particulières de ce deuxième tour en font pratiquement une nouvelle élection.
A l’issue du premier tour, les partis qui avaient tenues le haut du pavé lors de la présidentielle ou aux européennes n’atteignent pas leurs objectifs politiques d’implantations territoriales. La LREM et la LFI sont affaiblies et ne concourent pas dans cette élection ou à la marge et pour l’instant le RN n’a pas réussi la percée que d’aucun lui prédisait. Lorsque l’on regarde le nombre de maires et de conseillers municipaux élus au 1er tour, c’est la droite LR et le PS qui dominent, le PCF s’en sort pas mal avec l’élection de plus de 60 % de ses maires sortants. Cette différence radicale de paysage politique entre élections municipales et élection présidentielle est l’expression des contradictions qui travaillent notre système politique et l’évolution de celui-ci depuis 2017. Il y a un constat au bout, l’échec de la LREM et un retour très marqué au second tour d’un affrontement gauche droite.
Les colères sociales dans les urnes
L’affrontement de classe en cours, le clivage gauche-droite qui revient, les questions du rassemblement sur le projet montrent à l’évidence que l’union est toujours un combat. Le choix de LREM de s’allier avec LR confirme l’ancrage à droite de Macron et de son parti. Dans beaucoup de villes le rassemblement des forces de gauche avec une démarche citoyenne s’est installé dans le paysage. Ce 2e tour des municipales, aux conditions de déroulement si particulières, constituera de fait une première expression électorale du rapport de force qui travaille la société française post dé-confinement, les forces progressistes porteront pleinement la colère mais aussi et surtout les aspirations et les espoirs des populations en lien avec le mouvement social.