Une avancée pour les langues régionales

Une avancée pour les langues régionales

©Lexilogos.com Eric Gaba (wikipedia)

Proposition de loi. Les députés confirmeront-ils  les modifications apportées par le  Sénat  au projet de loi sur les langues régionales ?

Depuis la loi Deixonne votée en 1951, première loi  française autorisant l’enseignement des langues régionales de France, la lutte pour son application, puis son extension et enfin pour une vraie reconnaissance de ces langues, n’a jamais été un fleuve tranquille. 
La France a bien signé la Charte européenne des langues régionales ou minoriatires en 1999  mais ne l’a jamais ratifiée, ce qui la rend inapplicable et la range en queue du peloton européen dans ce domaine.
L’article 2 de la Constitution qui stipule que « le français est la langue de la République » nuancé par l’article 75-1 « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » qui ne constitue pas un droit opposable, est un rempart toujours utilisé contre  toutes les avancées significatives dans l’enseignement et l’espace public.

De nombreuses propositions de loi ont été déposées depuis des décennies  mais toutes ont avorté tant les positions jacobines sont fortes à l’assemblée.
Une nouvelle opportunité s’offre aux défenseurs des langues régionales, sera-t-elle la bonne ? Le texte d’une nouvelle proposition de loi déposée par le député breton Paul Molac, examiné en première lecture le 13 février 2020, a été modifié et enrichi par le Sénat le 10 décembre 2020 et doit arriver en 2ème lecture à l’Assemblée nationale le 8 avril 2021.

La sortie du tunnel ?

Le Sénat a surpris en mettant en échec les restrictions du porte-parole du gouvernement sur ce sujet, le ministre Jean-Michel Blanquer. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias y a particulièrement contribué. Qu’en sera-t-il à l’Assemblée ?
Localement, le Sioccat (syndicat intercommunal pour la promotion des langues occitane et catalane), l’Aplec, Arrels, ont sollicité les députés pour qu’ils émettent un vote favorable et mobilisent leurs collègues.
Qu’apporterait cette loi pour la langue catalane ?  Une meilleure reconnaissance, la protection d’un riche patrimoine,  un statut indispensable pour son enseignement permettant d’élargir l’offre actuellement très insuffisante. Au-delà de l’enrichissement culturel qu’apporte toute langue, plus qu’ailleurs peut être, le catalan contribue aux échanges, à de nouvelles opportunités professionnelles et à la cohésion sociale du territoire.

P.M

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