
Un résistant oublié : Raymond Naves
Le n°37 du Midi Rouge honore, parmi d’autre sujets d’intérêt, la mémoire de Raymond Naves, professeur de lettres, résistant, mort en déportation.

Le Midi Rouge. Le n°37 du Midi Rouge honore, parmi d’autre sujets d’intérêt, la mémoire de Raymond Naves, professeur de lettres, résistant, mort en déportation.
Un lycée et une avenue portent à Toulouse depuis la fin de la guerre le nom de Raymond Naves. Peu de toulousains et encore moins d’élèves du lycée où ils ont longuement étudié connaissent l’histoire de cet homme. Professeur de lycée puis d’université, militant socialiste et syndicaliste de Montpellier, Béziers et Toulouse, il mena à Toulouse d’intenses activités de résistance, y fut arrêté en février 1944 et mourut en mai 1944 au camp d’Auschwitz-Birkenau où il avait été déporté. Il avait été, preuve assurée de l’importance de ses activités résistantes, désigné durant la clandestinité pour devenir le maire de Toulouse libérée. Après un long et surprenant silence, un livre paru en 2020 lui est consacré par Pierre Petremann : Raymond Naves, un humaniste en résistance, Elerika Leroy le présente. Hommage est donc enfin rendu au lettré, spécialiste de Voltaire, qui débuta ses importantes activités de résistance à l’université de Toulouse. C’est là qu’il fut arrêté en février 1944 par la police allemande, ayant quitté son logement clandestin car il voulait absolument terminer pour ses étudiants son cours sur Marcel Proust.
Entre autres biographies, l’évocation d’Emile Jourdan
Cet exemplaire du Midi Rouge comprend aussi un long exposé d’André Balent, fruit de ses recherches sur le résistant biterrois Fernand Pagès (alias Dessenne). Ayant découvert que le père de Pagès avait été déserteur pendant la guerre de 1914, Balent reconstitue l’histoire des deux hommes, ce qui n’est pas toujours particulièrement simple. Un texte de Kareen Bouissière-Boulle parle du maquis de Laurens (Hérault), maquis de l’Armée secrète, un autre, d’Hélène Chaubin des premiers votes féminins dans l’Hérault en 1945. Jordi Taurinya évoque avec vivacité des événements survenus en mai 68 au lycée de Prades. Pierre Chevalier analyse un ouvrage de Geneviève Dreyfus-Armand sur les enfants espagnols au camp de Rivesaltes.
Parmi les biographies on notera, écrite par Raymond Huard, celle d’Emile Jourdan qu’il conclut ainsi : « Emile Jourdan a incarné dans le Gard un certain type de militant communiste issu du monde ouvrier, toujours attentif aux besoins populaires, imperméable à toute démagogie et à toute personnalisation du pouvoir. Par son action, il a donné toute sa dignité à la fonction d’élu politique. »