Un recul social

Un recul social

Le projet du gouvernement, présenté par Élisabeth Borne, ce mardi 10 janvier, est un recul de société de grande ampleur.

Réforme des retraites

Le projet du gouvernement, présenté par Élisabeth Borne, ce mardi 10 janvier, est un recul de société de grande ampleur.

La Première ministre annonce le report de l’âge légal de départ à la retraite. Il passerait de 62 ans à 64 ans. Cette mesure prendra effet dès le 1er septembre 2023 « progressivement de trois mois par an pour atteindre 64 ans en 2030. Nous serons donc à 63 ans et trois mois à la fin du quinquennat » Elle concernera en premier les personnes nées au second semestre 1961. Elle précise ne « pas aller plus loin que les 43 ans de cotisation prévus par la réforme Touraine pour partir avec une retraite à taux plein ». Mais elle a pour objectif d’atteindre cette cible plus vite, en passant à un rythme d’un trimestre par an (2027 au lieu de 2035).

Pour les carrières longues, qui seront essentiellement impactées,  Elisabeth Borne annonce un dispositif « adapté (…) pour qu’aucune personne ayant commencé » à travailler tôt « ne soit obligée de travailler plus de 44 ans ». Si l’on en croit les chiffres donnés par le gouvernement, une personne qui commence à travailler à 18 ans pourra partir à la retraite à 62 ans, ce qui donne bien 44 années d’activités mais c’est une de plus que les 43 annuités nécessaires de la réforme Touraine !

La carotte et le bâton

Élisabeth Borne annonce le relèvement de la pension minimum à 1 200€ bruts mais seulement pour les carrières complètes. Après l’intervention d’Olivier Marleix, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale elle précise que cette augmentation sera bien étendue aux actuels retraités. Ce qui représente près de deux millions de pensionnés.

Concernant les emplois pénibles, le gouvernement va créer « un fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle », doté d’un milliard d’euros sur le quinquennat. La Première ministre déclare également qu’elle va fermer la plupart des régimes spéciaux de retraite. « Les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche des industries électriques et gazières et à la Banque de France » seront donc désormais affiliés au régime général. Elle tente de convaincre que le but même de cette réforme « servira à financer nos retraites rien d’autre ». L’objectif sera que ce projet garantisse « l’équilibre de notre système en 2030 », précise t-elle.

Le texte sera présenté dans un Projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative (PLFSSR) présenté en Conseil des ministres le 23 janvier avant d’être examiné par les parlementaires début février. Ces choix ne sont pas anodins. C’est la seule manière, en cajolant le groupe LR de permettre au gouvernement de faire adopter le texte à l’aide du 49.3.

Dominique Gerbault

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