
Un pas en avant, deux en arrière ?
Un état des lieux sans concessions La question des mobilités est toujours importante face aux enjeux climatiques et environnementaux.

Mobilités SCOT plaine du Roussillon
Un état des lieux sans concessions
La question des mobilités est toujours importante face aux enjeux climatiques et environnementaux. Elle n’est pas neutre sur la gestion du foncier et sur un développement harmonieux du territoire. Le document général alerte largement sur ces questions et interpelle sur les déséquilibres créés par le développement démographique actuel et à venir. Le déplacement des populations vers les premières et deuxièmes ceintures de Perpignan au détriment de la ville centre, et la croissance des villes littorales pour le résidentiel secondaire créent des difficultés. Le résultat logique de ce constat est que la part de pollution aux gaz à effet de serre des mobilités dans la plaine du Roussillon est largement majoritaire, à 67%, au vu de la dominance du transport routier dans les déplacements d’habitants toujours plus éloignés de leur travail (50% des trajets domicile/travail supérieurs à 5 km).
Sans solution autre que routier ?
À la lecture des propositions du document, le contraste entre états des lieux et solutions proposées interpelle.
Si la question du manque de multimodalité et d’interopérabilité des réseaux LIO (bus et Train de la Région) et Sankeo (bus de la Communauté Urbaine) est une évidence et doit être amélioré, aucune proposition ne permet de penser que les 20% d’habitants qui n’ont que la voiture pour leurs trajets, trouveront des solutions.
Les propositions d’amélioration des dessertes ferroviaires (haltes et réouvertures de lignes), présentes dans l’ancien SCOT, ont disparu même si l’importance de leur développement est pointée. Les mobilités douces sont peu représentées, hors grands axes Européens (« Pyrénées et Méditerranée à vélo »).
Enfin, l’ordre de présentation du document interroge sur la vision environnementale. Commencer par l’importance de l’aéroport, la future LGV et l’autoroute A9 pour s’attarder sur le secteur routier et avancer pas moins de 14 propositions d’amélioration routière est bien loin d’un futur décarboné.
Au final, le document mobilités peut laisser une vision qui paraît loin des enjeux.
P. P.