Un gros tuyau entre Vinça et Villeneuve

Un gros tuyau entre Vinça et Villeneuve

© DR-flickr
Vue sur les 17 millions de m3 d’eau du lac de Villeneuve-de-la-Raho.

Aménagement. Le projet de grands travaux d’enfouissement du captage d’eau entre Vinça et Villeneuve-de-la-Raho fait couler beaucoup d’encre.

Le Conseil départemental a lancé le projet d’enfouir un captage d’eau alimentant le lac de Villeneuve-de-la-Raho à partir de celui de Vinça. Mais des critiques diverses contestent le bien-fondé, le coût, les dégâts éventuels sur l’environnement ou l’utilité d’une telle réalisation. On évoque souvent le lobby du golf de Villeneuve, l’assèchement intermittent du lit de la Têt, ainsi qu’une influence durable sur la biodiversité de la rivière. Des propositions accompagnent aussi ces critiques, évoquant la « sobriété » civile nécessaire, la « chasse aux déperditions » entre la production et la distribution de l’eau ou une agriculture plus vertueuse dont les cultures devraient être mieux choisies et adaptées.

Changement climatique et augmentation de la population

Le projet s’appuie sur des constats quasi-incontestables. En premier lieu, l’affaiblissement de la nappe pliocène, dans laquelle on ne pourra puiser indéfiniment, est constaté depuis plusieurs années. Ensuite, le réchauffement et l’évaporation de surface s’accélèrent. Enfin, la population dans la plaine augmente régulièrement de 3 à 5000 nouveaux venus par an. Deux questions vont donc se poser dans un avenir proche : le manque d’eau potable et le manque d’eau pour l’agriculture. « Nous voulons tout à la fois sécuriser la quantité de la masse d’eau à Villeneuve, 17 millions de m³ aujourd’hui, réduire le gaspillage de l’eau à la mer et conserver la qualité de l’eau. Le canal d’approvisionnement est aujourd’hui ouvert et soumis à toutes les pollutions de surface et à l’évaporation » précise Nicolas Garcia, vice-président du Conseil départemental. Il ajoute : « Nous pourrions aussi, tout au long du tuyau, alimenter quelques canaux d’irrigation intermédiaires. Nous estimons qu’il nous faudra sécuriser environ 20 millions de m³, 10 pour l’agriculture et 10 pour l’eau potable. Et Villeneuve représente un potentiel formidable et sécure pour atteindre ces objectifs ».

Des critiques qui ne contredisent pas le projet

A propos des déperditions, Nicolas Garcia a une conviction : « Le travail est déjà engagé, d’autant plus facilement quand la gestion est publique, et qu’il n’y a pas de dividendes à payer. Aujourd’hui, nous progressons tous les jours, mais il reste beaucoup à faire. Nous en sommes à 77 % de conservation et d’utilisation. Il nous faut parvenir à 80 % ». Concernant la sobriété et la lutte contre la gabegie privée ou publique, les techniciens départementaux estiment à 5 millions de m³ les économies possibles grâce à des dispositions vertueuses.

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