
Un Front pleinement populaire

Malgré les efforts produits par les forces de gauche et de l’écologie politique pour obtenir un budget conforme aux aspirations populaires, ce sera un budget d’austérité qui risque d’être autoritairement adopté à coups de 49-3.
Dans le même temps, le Mercosur va s’imposer au pays, et ce n’est pas la pseudo-opposition, plus que tardive, du gouvernement qui semble pouvoir l’empêcher. Mais ce mauvais traité ne concerne pas que la paysannerie, mais aussi la qualité de notre alimentation, donc la santé, comme la souveraineté populaire, des tribunaux arbitraux privés pouvant imposer leur loi contre le droit social ou environnemental des États.
Avec l’avalanche des plans de suppression d’emplois et de fermeture d’usines, ce sont des milliers de salariés qui voient s’approcher le spectre du chômage. Et impossible de justifier ces casses dans des entreprises où les profits sont au zénith, avec des actionnaires qui ne connaissent aucunement la crise.
Face à la politique gouvernementale, les parlementaires du Nouveau Front populaire n’ont cessé de se battre. Toutefois, l’expérience prouve que cela ne peut suffire. Il devient impératif de sortir des huis clos parlementaires comme ceux entre partis de gauche. Ce sont les citoyens dans leur diversité qui doivent prendre leur destin en main avec l’aide des forces politiques du nouveau rassemblement populaire. Populaire, c’est-à-dire allant bien au-delà des forces politiques, mais associant en permanence forces syndicales, associatives, organisations non gouvernementales, de l’échelon local à celui du pays. Il n’existe pas une « France des bourgs » d’un côté, et une « France des tours » de l’autre, mais c’est dans les villes comme dans les campagnes, dans les entreprises comme dans les quartiers, que doit germer peu à peu la contestation globale de l’austérité, de l’autoritarisme.
Quoi qu’en pensent certains qui n’ont pour obsession que les élections, la question première n’est donc pas celle du prochain scrutin, mais bien celle de la construction du rassemblement populaire pour obtenir des avancées progressistes et mener le combat idéologique et culturel contre la bourgeoisie dominante. À tous les niveaux, en tous lieux, unir les dominés et les exploités des villes et des campagnes, valoriser une unité populaire qui exprime sa force collective, cultiver la démocratie réelle est une nécessité pour organiser la résistance face aux forces du capital et ouvrir la voie à de nouvelles avancées démocratiques et sociales comme à la construction de l’indispensable barrages contre la montée nauséabonde de l’extrême droite.
Ce sont les raisons pour lesquelles le Front qui s’est construit au début de l’été doit devenir vraiment populaire..