Un dirigeant associatif démissionne

Un dirigeant associatif démissionne


Le Foyer Laïque du Haut-Vernet,  une longue histoire.


Dans le monde du rugby éducatif, et plus largement dans le domaine social et culturel, le Foyer Laïque du Haut-Vernet (F.L.H.V) est connu à Perpignan et dans le département, depuis longtemps. Les restrictions budgétaires conjointes de la part de la mairie et de la fédération FFR ont eu raison de l’engagement de son président actuel, Benoît Castanedo.

Issu directement de l’école publique Léon Blum et de la passion du rugby, le club, depuis 1958, s’est adapté, a traversé des épreuves, a connu des hauts et des bas, sans jamais se départir de principes majeurs : la laïcité, au meilleur sens du terme, l’éducation populaire, la culture et la mixité sociale. Des centaines d’adultes d’aujourd’hui ont, de près ou de loin, connu l’activité collective, la convivialité, le rugby, les voyages. C’est encore aujourd’hui le cas. Depuis plusieurs années maintenant, pour répondre à des besoins nouveaux, le club a élargi son champ d’action, intervenant de façon très officielle dans les collèges et les quinze écoles du quartier. Les projets d’accompagnement, partagés avec les enseignants et les administrations, se sont installés durablement. Il y a donc, le rugby et le reste, tout autour, avec des salariés pour assurer la continuité des actions et la réussite scolaire. Trois cents jeunes et enfants sont encadrés. Les compte-rendus sont régulièrement faits auprès des autorités qui subventionnent et auprès des sponsors. Les dirigeants, et en premier lieu le président, sont tous bénévoles. 

   « Alors que son président mériterait le contraire… »

Ces quelques mots ont été prononcés par Louis Aliot, au moment des votes à propos des subventions municipales. Prétendant renouveler à l’identique la dotation au club, le maire oubliait de dire les réductions opérées dans le domaine extra-rugbystique, éducatif. 16 000€ en moins. Là, les actions sont réellement mises en danger. Il y a bien sûr des engagements à tenir et des salaires à payer. Le maire penserait-il que ces actions sont tout à fait inutiles ? Du côté de la Fédération FFR, 6 000€ ont été aussi supprimés. 

Punitions ?

Infirmier libéral dans le quartier, Benoît Castanedo est aussi Conseiller départemental, « non inscrit ». Pour être élu, il a clairement fait campagne contre les valeurs de l’extrême droite. Avec son binôme, ils ont battu au second tour les candidats RN que certains avaient déjà annoncés comme les premiers conseillers départementaux du RN dans le département, provoquant une grande colère du maire de Perpignan. Du côté de la fédération, Benoît s’est engagé et a été élu sur la liste de Bernard Laporte. Il a aussi fait campagne contre la liste de l’actuelle majorité. Le comité régional a-t-il voulu, à l’instar du maire de Perpignan, punir le club dont le président est un opposant institutionnel ? Peut-être. Chacun jugera. Lassé, fatigué, le président démissionne. Les conséquences apparaîtront dans les mois qui viennent. Une autre association d’importance, à Perpignan, a carrément fermé boutique suite aux restrictions budgétaires de la mairie et de l’État, après plus de dix ans d’activité. « Le fil à métisser ».  Elle jouait un rôle majeur dans les quartiers pauvres du centre-ville, quartiers gitans, essentiellement autour de questions sanitaires. Aujourd’hui, plus personne ne fait le travail.  Le FLHV trouvera-t-il, en son sein, la force de se réorganiser ? 

Michel Marc

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