Un département à la peine

Un département à la peine

Notre département comme la France souffrent d’une situation économique et sociale en perte de vitesse. Croissance atone, chômage persistant avec une augmentation importante de la précarité et de la pauvreté. La politique de l’offre initiée sous Hollande et reprise par Macron a arrosé copieusement et sans contreparties les grands groupes et les milliardaires ont applaudi. Notre département connait une situation difficile depuis des années, pourtant il ne manque pas d’atouts. Ci-dessous un petit panorama de la situation actuelle.

Les bilans 2024 et les perspectives 2025 fleurissent dans toutes les institutions qui interviennent
dans les domaines économiques et sociaux.

Côté CCI, on constate un tissu économique en difficulté, notamment en ce qui concerne le secteur de la construction. Côté tribunal de commerce, ce sont 2 616 cessations d’activité qui ont été enregistrées. Une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente. Les principaux secteurs concernés sont le commerce (27,3 %), l’hébergement-restauration (14,1 %) et les activités immobilières (12,3 %). Les entreprises les plus vulnérables aux radiations sont celles ayant moins de cinq ans d’existence. Parmi les procédures collectives recensées dans les Pyrénées-Orientales, 25% concernent des commerces de réparation automobile. Le secteur du bâtiment souffre également avec 20% de liquidation, 17% l’hébergement et la restauration.

Une fragilité structurelle aggravée par le contexte économique

La construction est un des secteurs le plus concernés par les difficultés financières. Dans les Pyrénées-Orientales, ce domaine représente 6 884 entreprises et 10 691 salariés selon la CCI. En décembre dernier, cette problématique avait déjà été soulevée par la Fédération française de bâtiment d’Occitanie. Sur le plan régional, 10 000 emplois seraient menacés en 2025.

Pour la CCI des Pyrénées-Orientales, cette fragilité du secteur de la construction a plusieurs explications. « Le bâtiment, ce sont souvent des achats prépondérants pour un couple ». Taux d’intérêt importants, augmentation des prix d’achat à cause du manque de foncier : autant d’éléments qui compliquent l’achat immobilier et, par ricochet, impactent la construction. D’autre part, les difficultés financières des collectivités ont un impact direct sur les commandes publiques qui se font rares. Fait nouveau à un an des élections municipales. Confirmation, s’il en était besoin, que le pouvoir d’achat en berne entraîne des difficultés économiques et sociales. En janvier 2024, l’entreprise catalane Fondeville, acteur majeur du BTP, était définitivement liquidée. Célèbre pour avoir construit plusieurs bâtiments emblématiques des Pyrénées-Orientales, comme le barrage de Vinça, le Palais des Congrès ou le théâtre de l’Archipel à Perpignan, la liquidation a laissé sur le carreau 133 salariés.

L’agriculture et l’élevage sont en grande difficulté, le tourisme est par définition temporaire, l’industrie chroniquement faible, le commerce lié au pouvoir d’achat en berne des consommateurs. Et pourtant des investissements importants sont nécessaires pour développer nos capacités qui ne sont pas négligeables à l’heure de l’adaptation aux changements climatiques dans tous les domaines comme dans les transports. Les milliards qui font le bonheur de quelques actionnaires seraient mieux utilisés au développement de nos territoires. Un choix politique avez-vous dit ? Assurément.

Jacques Pumaréda

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