
Un bonheur simple

Rugby à XV. Devant un millier de supporters libérés après des mois de galère, l’USAP se qualifie pour la finale (27-15).
Oh que ça fait du bien à la tête de pouvoir revenir au stade pour encourager son équipe favorite ! Pouvoir enfin s’époumoner après avoir été confiné des mois et des mois et hurler des « USAP ! USAP ! », sachant de plus que l’on est un Privilégié de se retrouver parmi les supporters qui ont eu la chance d’avoir été tirés au sort. Mille Catalans qui font du bruit pour cinq mille ! Ils se savent investis d’une mission, celle d’aider leurs bleus azur à atteindre la finale du championnat. Ils mesurent le bonheur qu’ils ont de se retrouver à l’intérieur de la Cathédrale alors que leurs copains, plus malchanceux, font le pied de grue dans les rues aux alentours du stade, essayant de guetter l’arrivée de leurs favoris ou de capter une quelconque clameur venue de l’intérieur. Oui c’est la vie actuelle d’un supporter. Et les joueurs le savent trop bien !
Une entame de feu pour les supporters
Le petit prodige catalan Melvyn Jaminet, encore ému par l’accueil réservé par les supporters à la descente du car, reconnaît que cet engouement lui « a mis des frissons jusque dans les vestiaires ». Comment les Catalans pouvaient-ils, dès lors, démarrer la rencontre autrement que pied au plancher ? « Petitou » fut d’ailleurs le premier à trouer cette défense du Haut-Bugey. Au bout de huit minutes et un 12-0 au planxot, il était difficile pour les Oyonnaxiens d’envisager autre chose qu’un véritable… « gars d’Ain ». Les Catalans n’avaient pas, cette saison encore, réussi une telle entame. L’entraîneur Patrick Arlettaz, hyper stressé pendant toute la rencontre d’avoir dû suivre, puni par la Ligue, le match de la tribune, se sentait, à la sirène, libéré, au propre comme au figuré, et enclin à la plaisanterie : « Cette entame nous l’avions réservée pour la demi-finale ». Bien vu tout de même, car elle aura permis à ses troupes de gérer la rencontre, même si, suite à un relâchement très compréhensible des Catalans, les Oyomen avaient réussi à revenir à trois petits points des locaux. Or l’USAP possède une sérénité à toute épreuve. Mais pas que !
Sérénité oui, mais aussi certitudes et assurance
Nous sommes à la 53e minute du match et les Catalans ne mènent plus que 15 à 12. Les visiteurs grignotent leur retard à coup de pénalités de Lionel Beauxis. Il est vrai que l’USAP ne paraît pas s’inquiéter outre mesure de cette remontée. Dans le camp des Oyonnaxiens, les Catalans récoltent une pénalité à 40 m à droite, bien dans les cordes du canonnier en chef Melvyn Jaminet. Le score pourrait, de fait, passer à 18-12. Que nenni ! Stupeur dans le public. Inconscients ou trop conscients ? L’USAP joue la pénaltouche. Touche, maul et essai catalan. N’est-ce pas avoir des certitudes ? Le score passe alors à 22-12 et le match est plié ! Tout au long de la saison, avec une froideur exemplaire, les Catalans sont allés inscrire des victoires à l’extérieur, même lorsque cet adversaire avait un besoin impératif de points. Les sang et or savent adapter leur jeu à celui de l’adversaire et ce, à certaines périodes du match. Jeu grand large. Jeu petit périmètre. Jeu au pied. Une grande efficacité, même si certaines petites erreurs restent encore à gommer. Bien entendu, cela ne suffira, peut-être pas, pour l’emporter samedi, car une finale ne s’apparente pas à un match ordinaire.
USAP-Biarritz une affiche digne du Top 14
Même si les deux équipes mériteraient de se retrouver la saison prochaine dans l’Élite du rugby français, force est de constater que seul le vainqueur de cette finale aura le droit et le privilège (?) d’aller affronter dès septembre prochain les Clermont, La Rochelle, Toulouse ou autre Racing. Pour autant la saison ne sera pas terminée pour le finaliste malheureux qui recevra le dimanche suivant le 13e du Top 14 pour un access-match, comme on dit du côté de Prats-de-Mollo. Probablement Pau, pour un match qui s’annoncera compliqué pour le pensionnaire de Pro D2. Gagner cette finale au look légendaire est donc un objectif et un impératif. Dans l’histoire du rugby, l’USAP et Biarritz ne se sont rencontrés qu’à trois reprises lors d’une finale du championnat de France. Fa molt temps ! Les années 30 ? Vous vous souvenez ? En 1935 Biarritz bat USAP 3-0. En 1938 USAP bat Biarritz 11-6. En 1939 Biarritz bat USAP 6-0.
Allez soyez logiques ! Une fois Biarritz champion de France, la fois suivante c’est l’USAP. C’est au tour de l’USAP lors de cette quatrième confrontation. Gageons que le score sera plus élevé, ça c’est une réalité !
Fins aviat i visca USAP !