
Un arrêt aujourd’hui justifié ?
Fessenheim. Conformément à ce qui était prévu, le second réacteur de la centrale nucléaire a été définitivement éteint à la sortie du confinement dans la nuit du 29 au 30 juin.
Cette décision très politique, prise dans un contexte de montée électorale des partis politiques écologistes, ne satisfait pas vraiment les défenseurs d’une vraie transition énergétique cohérente et intelligente.
Alors que des investissements importants de plusieurs millions avaient été réalisés et garantissaient, selon un rapport de l’ASN, un fonctionnement jusqu’en 2023, cet arrêt de fonctionnement apparaît mal préparé et mal anticipé : Comme l’indiquait à la fin de l’année 2019 RTE (Réseau de transport d’électricité) , cumulée à la fermeture des dernières centrales à charbon et au retard qu’accuse l’EPR de Flamanville, à l’heure où les énergies renouvelables ne sont pas encore arrivées à maturité, la fermeture de Fessenheim risque de générer de fortes tensions sur le réseau d’ici deux à trois ans.
Les conséquences évidentes sont le risque d’une remise en cause de l’indépendance énergétique de notre pays, et la possibilité que l’énergie importée soit produite dans des conditions sociales et environnementales bien pires que celles que nous connaissons en France.
Un risque social et environnemental
Même chose concernant la dérégulation du marché de l’énergie. Cette précipitation risque de créer un appel d’air vis-à-vis de sociétés privées prêtes à tout pour obtenir une part du gâteau, avec les conséquences néfastes et dangereuses qu’une libéralisation du marché de l’énergie entraîne.
Et que dire des conséquences sociales sur le site de la centrale qui se font déjà ressentir (aucun plan B industriel préparé) et qui montrent l’incapacité de notre pays à assurer la transition industrielle.
Clairement, la décision de fermeture de Fessenheim décidée par M. Hollande en 2012 juste après la catastrophe de Fukushima, soutenue par les partisans d’une sortie brutale du nucléaire, apparaît comme précipitée et bien mal pensée.
Bien sur, si la centrale de Fessenheim, comme les autres centrales, doit forcément tôt ou tard s’arrêter, la gravité des enjeux devrait amener les responsables à avoir une visée politique globale et à long terme pour répondre aux problématiques économiques, sociales et environnementales qui se posent. On en est loin !
Rédigé le 09/07/2020
