
Un appui pour les paysans
L'association Solidarité paysans œuvre pour sortir les agriculteurs en détresse de leurs difficultés.

Solidarité
L’association Solidarité paysans œuvre pour sortir les agriculteurs en détresse de leurs difficultés.
Depuis plus de 30 ans, l’association Solidarité paysans (SP) accompagne et défend les d’agriculteurs/trices en difficulté qui en font la demande. Des bénévoles de terrain proches de la Confédération paysanne et des Maison familiales rurales (MFR) ont crée l’association locale SP 11-66 en 2017. Le Travailleur Catalan est allé à leur rencontre. Murielle Berger dont le poste de salariée a été créé en 2020 grâce à la fondation Un monde par tous, Cécile Hollard, coprésidente de SP11-66 et Stéphane Warot en charge de la structuration du groupe dans les P.-O. exposent la situation. Issus du monde rural, la condition paysanne fait partie de leur vécu.
Le libre arbitre
« Nos interventions se font à la demande de la personne, dans le respect de ses choix, avec bienveillance, quel que soit le mode de production de l’exploitation et en toute confidentialité. L’accompagnement est gratuit. Nous aidons les paysannes et paysans isolés, dans une situation de détresse, à retrouver leur capacité de décision. N’oublions pas que le suicide dans le monde agricole et viticole est en France de l’ordre de un par jour. Notre groupe fait régulièrement des analyses de pratique avec une psychologue à propos des situations les plus complexes. Nous suivons des formations, travaillons sur la cohésion de groupe et bénéficions de l’accompagnement d’une juriste de SP Occitanie ainsi que d’une psycho-sociologue. Basés à la Maison paysanne de l’Aude à Limoux, nous sommes en contact permanent avec toutes les associations de promotion et de défense de l’agriculture paysanne qui y travaillent. Nous sommes également proches de Terres Vivantes, association basée à Prades avec laquelle nous souhaitons collaborer.
Un accompagnement solidaire et chaleureux
Pour le premier rendez-vous, nous allons à domicile. Nous cherchons tout d’abord à rétablir l’accès aux droits et priorisons avec l’agriculteur les démarches à faire. Nous décidons ensemble des pistes d’action, comme renégocier un prêt ou demander un étalement de dette ou envisageons une reconversion s’il n’y a pas d’autre issue pour retrouver une autonomie économique. Les démarches sont techniques, administratives, juridiques et sociales. Nous pouvons proposer une diversification de la production, un passage progressif en bio, la vente directe mais c’est toujours l’agriculteur qui décide. Nous avons accompagné trente familles en 2022 et souhaitons créer un poste de salarié dans les P.-O.
Les profiteurs
Gel, sécheresse, grêle, inondations… chaque année, au moins un dérèglement climatique met à mal les fruitiers, la vigne, les pâturages… c’est usant mais les épisodes climatiques ne sont pas les pires responsables de la faillite. Les grandes coopératives agricoles, comme Arterris (dans le sud de la France) qui fédère 25 000 agriculteurs, n’ont plus rien à voir avec l’esprit des coopératives d’après-guerre. Ce sont des centrales d’achat et de vente qui imposent des prix selon le marché international, se « sucrent » au passage. Elles incitent les producteurs à des pratiques qui fragilisent la maîtrise de leur endettement. Face à une entreprise comme Le groupe coopératif occitan (GCO), les petites coopératives viticoles peinent à rester indépendantes. Les politiques agricoles, la PAC, les aides ont tendance à favoriser les gros au dépend des petits producteurs et créent un foncier inaccessible. De plus, les supermarchés veulent casser les marchés de niche du Bio et local.
Pour défendre au mieux les intérêts des paysan.nes, nous tentons d’instaurer un dialogue constructif avec tous les acteurs institutionnels, DDTM, MSA, Chambres d’agriculture, FNSEA, syndic vigneron, les syndicats, les élus et restons en contact avec les associations comme Terre Vivante, l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural (ADEAR) de l’Aude ou Terre de liens, sans baisser les bras. »
Propos recueillis par Veronika Daae