
« Tu imagines la politique ?… »

Vote des 20 et 27 juin. La dégradation du climat politique ne doit rien au hasard, mais elle n’a rien de fatal.
Tu imagines, si l’on débattait des vrais problèmes : emploi, école, santé, sécurité, cadre de vie, avenir de la planète ? Tu imagines si ces questions étaient au centre du débat public ?
Ce devrait être comme cela. Ce pourrait être comme cela. Ah, certes, ce débat serait intense, d’autant plus qu’il y aurait des décisions au bout. Mais il serait passionnant. Il serait parfois technique, et alors ? Les gens ne sont pas bêtes, et c’est leur vie que cela concerne. Le débat, cartes sur tables, c’est l’ADN de la démocratie.
Or qu’avons-nous actuellement ? Un climat de violence verbale et physique qui s’en prend à la République, le président giflé par un fasciste, des élus et d’autres représentants de l’autorité publique menacés, des paroles irresponsables émises par des responsables politiques, des appels au meurtre sur les réseaux sociaux, notre conseil régional pris d’assaut par l’extrême droite… Il y a une raison à cet état de choses : les puissances d’argent ne veulent plus du débat démocratique. Comme le disait l’autre jour Fabien Roussel, le capitalisme en crise ne fait plus rêver grand monde. Il veut éviter qu’on débatte de son bilan : alors il fait porter le débat sur autre chose, notamment sur ce qui est susceptible de diviser les exploités entre eux. La libération de la parole raciste, sexiste, antisyndicale et anticommuniste n’a pas d’autre raison d’être.
Cette dégradation n’est pas propre à la France
On pourrait citer Trump, et les six personnes tuées lors de son agression du Capitole ; ou encore Bolsonaro, Erdogan, Salvini et tant d’autres dont la démagogie populiste flatte ce qu’il y a de pire dans le tréfonds des êtres humains. En France même, beaucoup souhaiteraient ramener non seulement le débat des Présidentielles mais aussi celui des Régionales à l’identification de boucs émissaires ou à des questions anecdotiques. A force de fuir la discussion sur les enjeux réels, ceux qui concernent véritablement la vie des hommes et des femmes qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, ils ont engendré chez beaucoup la tentation de s’abstenir ou d’émettre un vote de dérision : parce que si c’est cela, la politique…
Au Travailleur Catalan, nous disons haut et fort que non, nous disons que la politique n’est pas vouée à n’être que ce champ de foire ou plutôt cette cour de récréation dont les médias nous offrent complaisamment le spectacle : les gens en ont par-dessus la tête, et nous avec eux. Il faut que les jours heureux succèdent aux jours haineux. Le débat franc et sans complaisance, nous l’avons entre nous. A contre-courant s’il le faut de la dégradation qui caractérise le débat politique actuellement, nous faisons le pari du sérieux, de l’ouverture et de la qualité.