
Sus aux étudiants étrangers
La loi immigration, adoptée par le Sénat puis par l’Assemblée nationale le 19 décembre, durcit l’accès des étudiants étrangers aux établissements français.

Université
La loi immigration, adoptée par le Sénat puis par l’Assemblée nationale le 19 décembre, durcit l’accès des étudiants étrangers aux établissements français.
Beaucoup de présidents d’université jugent ces mesures indignes de notre pays, « elles mettent gravement en danger la stratégie d’attractivité de l’enseignement supérieur et de la recherche française ». Un avis partagé par la Conférence des grandes écoles qui souligne « les effets néfastes qu’induirait la loi immigration si elle était promulguée ».
La caution retour
La loi immigration prévoit que les étudiants étrangers accueillis en France versent une caution « retour » à l’État afin de recevoir leur carte de séjour. Caution qui leur sera restituée au moment où ils quitteront la France ou lorsqu’ils trouveront un contrat de travail. Le montant de cette caution reste à préciser par décret. Déjà des conditions de ressources sont exigées (615 euros par mois et 50 euros de taxe de séjour). Une mesure qui ne passe pas, auprès des présidents d’université notamment. « L’accès aux connaissances et à la formation ne peut être entravé par des considérations financières si restrictives et sans fondement », ont ainsi réagi 52 présidents d’universités dans un communiqué publié le 19 décembre. De son côté, France Universités, qui rassemble les dirigeants des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche, estime qu’« exiger le dépôt préalable d’une caution retour pour les étudiantes et étudiants désireux de poursuivre leurs études en France va à l’encontre des valeurs de la République et de la tradition multiséculaire d’ouverture au monde de l’université française ».
Frais d’inscriptions majorés
Les étudiants hors UE devront s’acquitter de 2 770 euros annuels en licence et 3 770 euros en master contre 170 et 243 euros pour les étudiants français. La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs dénonce « une sélection par l’argent qui prive la France d’un réel vivier de talents ». Enfin, les étudiants étrangers seront soumis à un quota pour s’installer en France une fois leurs études achevées. Quotas fixés par le Parlement.
L’Université, un service public accueillant
Les syndicats de l’enseignement supérieur, des associations et collectifs de défense des droits des personnes étrangères des universités s’opposent fermement à cette nouvelle loi immigration et défendent un enseignement supérieur ouvert. Ils demandent « la possibilité pour les étudiants exilés d’étudier dans des conditions dignes et justes, des droits équitables entre étudiants étrangers avec ou sans papiers et étudiants français, notamment au regard des aides sociales et du droit au travail, sans discrimination ni marchandisation ».
Dans toute la France, des marches contre la loi immigration sont prévues le dimanche 21 janvier, à Perpignan, 10h30 place de la République.
Jacques Pumaréda