Suicide d’un SDF

Suicide d’un SDF

©Flickr. La liste des décès dans la rue s’allonge dramatiquement.

Drame social. Avec le suicide d’Othmane le 24 octobre dernier, la liste des morts dans la rue commence à être longue.

Un jeune marocain de 31 ans a été retrouvé pendu au grillage du mur d’enceinte du centre d’hébergement d’urgence sociale (CHUS) géré par la Croix rouge, près de l’hôpital, au petit matin du 24 octobre. Il aurait été exclu du centre d’hébergement pour son « comportement agressif », serait resté aux abords, puis délogé par la police, et y serait revenu pour mettre fin à ses jours. Autant dire le désespoir, la fin de tout espoir pour ce jeune à la rue. Le 6 octobre dernier, un jeune de 20 ans était retrouvé mort d’une overdose en centre ville. En février 2020, une handicapée de 61 ans, vivant sous une tente meurt de maladie. Un mois plus tard, c’est un homme du même âge qui est découvert mort près de la gare. Tous morts dans l’indifférence quasi générale. 

Crise de l’hébergement et manque criant de logements sociaux

Seules quelques associations, dont Au Cœur de l’humanité tentent d’apporter du réconfort à ces laissés-pour-compte. Toutes dénoncent la situation catastrophique de l’accueil d’urgence. Le manque de places d’hébergement (limitées à 42 au CHUS, dont seulement 5 à 6 pour filles) fait que nombre de SDF se voient refoulés et dorment dans la rue. À cela s’ajoutent le Covid (un jour de carence par semaine où tout le monde est mis dehors pour désinfection), le nombre croissant de migrants qui ne sont pas régularisés et la violence accrue dans la rue due à la drogue. On ne peut cependant pas séparer la crise de l’hébergement d’urgence de l’insuffisance du logement social. Si certaines personnes se retrouvent à la rue c’est qu’elles n’ont pas accès au logement social. Dans les P.-O., il y a 12 500 demandes de logements sociaux. 200 à 300 demandes sont écartées pour « revenus insuffisants ». Selon la loi SRU qui fixe le seuil minimal de logements sociaux, il en manque 4734 dans le département. Parallèlement il y a 27 000 logements vacants. Qu’attend l’État pour en réquisitionner ? L’effondrement d’un immeuble à Marseille a mis en lumière l’habitat indigne. Les associations se sont emparées du problème en adoptant une charte de relogement co-rédigée avec certains nouveaux élus de Marseille. En revanche, ni le département, ni la métropole, ni la région ne participent à cette charte. Symptomatique du désengagement de l’État que les associations tentent de combler.

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