Santé. Les urgences mises à mal cet été

Santé. Les urgences mises à mal cet été

Alors que tous les professionnels ont dénoncé la dégradation des services d’urgence, le ministre de la Santé a tenté de minimiser la gravité de la situation.

La situation des services d’urgence s’est dégradée cet été. Près de 200 services ont fermé au moins une fois dans l’été et environ le même nombre de services mobiles d’urgences et de réanimation (Smur) ont dû stopper temporairement leurs activités.

Le syndicat Samu-Urgence de France indique que le système a donné l’illusion d’avoir tenu durant l’été mais les tensions ont été palpables à cause des conditions d’accueil et de soins profondément altérées.

« Les conditions de travail sont devenues insupportables et inhumaines pour nos professionnels épuisés. La sécurité sanitaire n’est parfois plus assurée, y compris pour l’urgence vitale. » Le syndicat a réalisé lui-même une enquête auprès des Smur et des urgences sur les conditions de travail observées en juillet et août. Selon cette étude, portant sur « plus de la moitié des 680 structures d’urgences en France, 163 services d’urgences ont fermé au moins une fois au cours des deux mois d’été, tandis que 166 Smur ont fermé au moins une unité sur la période ».

Tous les départements concernés

Contrairement à 2022 où quelques services étaient touchés ici et là, « cette année, quasiment tous les départements sont concernés », a souligné Marc Noizet, président du syndicat et chef des urgences et du Samu de Mulhouse (Haut-Rhin).

De même, 157 services d’urgences disent avoir fermé au moins une ligne médicale, en lien avec les fortes tensions sur la disponibilité des médecins urgentistes, notamment depuis l’entrée en vigueur de la loi Rist (mai 2023) sur l’intérim médical (*).

Lors d’une conférence de presse mardi 5 septembre, la Fédération hospitalière de France (FHF) a, pour sa part, estimé que la situation des services d’urgences s’est dégradée dans 41 % des établissements par rapport à 2022, et que l’accès aux lits d’hospitalisation s’est détérioré en un an dans 52 % des établissements.

Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a présenté d’autres chiffres. « On a 680 services d’urgences en France, cinq ont été entièrement fermés cet été, une quarantaine ont dû fermer ponctuellement », a-t-il assuré. Donc tout va très bien !

(*) Face à la pénurie de médecins, la loi permet un accès direct aux in- firmiers en pratique avancée (IPA).

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