Salon de l’agriculture ou salon de l’élevage ?

Salon de l’agriculture ou salon de l’élevage ?

Au Salon de l’agriculture, à Paris, du 25 février au 5 mars, les végétaux étaient peu visibles. Un Salon de l’agriculture en décalage avec la réalité de notre temps ?

Alimentation

Au Salon de l’agriculture, à Paris, du 25 février au 5 mars, les végétaux étaient peu visibles. Un Salon de l’agriculture en décalage avec la réalité de notre temps ?

Des allées bruyantes où les animaux sont omniprésents, des stands « produits et saveurs de France » constitués de foie gras ou de fromage, on en vient même à se demander si les organisateurs du salon ont pris connaissance des études scientifiques recommandant la réduction de consommation de produits d’origine animale, pour des raisons climatiques et sanitaires. « Le salon s’appuie sur la tradition, il continue de faire découvrir aux gens ce qu’ils connaissent déjà, affirme Florimond Peureux, président de l’Observatoire national des alimentations végétales (Onav). « La thématique de la transition alimentaire n’est pas abordée. … Le discours n’a pas changé depuis cinquante ans… » Globalement, les aliments d’origine animale restent largement majoritaires. La consommation d’animaux est encore perçue comme un élément incontournable.

Et si l’on se projetait dans un autre modèle agricole ?

Quels éléments de réflexion quant à l’impact de la consommation de viande sur le changement climatique? Comment envisager un avenir souhaitable de l’agriculture française conciliant élevage et environnement? Comment l’activité d’élevage peut-elle trouver sa place dans un système agricole et alimentaire durable? Que dire de la filière fruits et légumes, quand la France importe 60% de fruits et 40% de légumes? Á ce constat le ministre répond « compétitivité » face aux importations, sans évoquer le revenu des productrices et producteurs ! Pas un mot sur l’aide à l’installation alors que la souveraineté alimentaire ne pourra se construire sans eux.

Faire découvrir des alternatives

 « On avait un peu peur de venir au Salon de l’agriculture, dit Laurent Gubbels, chargé de communication de la marque espagnole Heura. Mais finalement, 99,7 % des gens sont bienveillants. On est là pour faire découvrir aux gens des alternatives, pour accélérer la transition protéique » Une transition indispensable : « L’alimentation végétale émet moins de CO2, consomme moins d’eau et demande moins de terres », résume-t-il. « Notre succès sur le salon nous montre que les gens sont curieux. Il ne faut pas s’opposer, juste les rencontrer et discuter », poursuit Laurent Gubbels. « Parmi les gens qui viennent nous voir, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut réduire sa consommation de viande ».

Si la transition entre une alimentation hyper carnée et une alimentation plus végétale ne sera pas aisée, beaucoup y croient, et c’est heureux ! Reste la volonté politique…

Evelyne Bordet

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