Revenir à Marx

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Élection. « L’idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses » cette phrase du philosophe est éclairante au regard des enjeux actuels.

On a assisté ces dernières semaines, et tout particulièrement ces derniers jours, à une inflation de considérations prétendument stratégiques : il y aurait, nous a-t-on seriné, d’un côté le cœur et de l’autre la raison, d’un côté les grands principes et de l’autre l’urgence du moment, d’un côté l’idéal et de l’autre le réel. Et tant pis si l’une des plus flagrantes leçons de l’histoire est celle qui consiste à montrer que les calculs à courte vue se retournent régulièrement contre leurs auteurs. Le moindre mal, disait déjà Hanna Arendt, est un mal. Mis à part les cas où il s’agit de faire barrage au fascisme, mieux vaut voter selon ses convictions. En Grande-Bretagne et dans d’autres pays, il n’y a qu’un tour, en conséquence de quoi le choix est verrouillé d’entrée de jeu. On ne peut pas dire que cela ait profité au monde du travail, qui a de grandes difficultés pour peser sur les choix effectués au sommet. En France, nous avons au moins la possibilité de choisir au premier tour et d’éliminer au second. S’en sert-on suffisamment ?

La roue de l’histoire

La campagne de Fabien Roussel a permis de populariser un certain nombre d’idées, que ce soit sur la valeur travail, les questions énergétiques, l’accès à l’alimentation de qualité, le droit à la sécurité, la nécessité de nouveaux traités européens, la laïcité… Il s’agit d’un acquis en-deçà duquel il sera difficile à la bourgeoisie de revenir. Plus encore, l’idée des Jours Heureux, presque aussi neuve que le fut l’idée de bonheur en son temps, a animé la campagne et marqué les esprits.Passer de ce « bougé » à une traduction dans les comportements électoraux comme dans les luttes sociales, renverser l’hégémonie des idées de résignation : tel sera l’enjeu dès la campagne des législatives, mais aussi au-delà. La roue de l’histoire est lourde à faire tourner, disait Gramsci. Mais on y arrive.

Jean-Michel Galano

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