
Retour vers le passé !

Exposition. Les affiches d’Yves Thos au couvent des Minimes à l’initiative de l’institut Jean Vigo, une plongée dans le cinéma des années 70-80.
Frédéric Borgia, directeur de l’institut Jean Vigo, était particulièrement heureux de dévoiler à la presse l’exposition Une vie de passion, Yves Thos, affichiste de cinéma. Installée fort joliment dans la chapelle basse du couvent des minimes à Perpignan, cette exposition fait partie de ces nombreuses manifestations culturelles qui ont été reportées pour cause d’épidémie. Aussi, après Nîmes, Paris et Montpellier, la voilà enfin à Perpignan et ce jusqu’au 9 décembre, elle sera ensuite visible cet été à la cinémathèque de Toulouse. Autre motif de satisfaction pour Frédéric Borgia, que des affiches sortent des murs. L’institut Jean Vigo possède en effet une collection de 67 000 affiches dans ses réserves !
Yves Thos était un grand affichiste de cinéma, auteur d’affiches comme on n’en fait plus, des affiches dessinées. Commencée vers 1960, sa carrière a pris fin dans les années 80, moment où l’affiche de cinéma a complètement changé. Yves Thos nous a quittés il y a un an, il vivait alors à Saint-Chaptes dans le Gard. Avec quarante-cinq affiches, l’exposition donne un beau panorama de la patte de cet artiste.
Yves Thos affichiste autodidacte
Chargé des collections non filmées à l’institut Jean Vigo, Laurent Ballester apportait un éclairage supplémentaire sur l’affichiste. Yves Thos était un jeune graphiste autodidacte quand son style a été remarqué, par les ateliers Pathé, au départ. Dans ses débuts, inspiré par des maîtres il s’en tenait à des formes géométriques (le début de l’expo). C’est vers 1965 qu’il s’est affirmé, des affiches très photographiques, des grands acteurs mis en avant, « une explosion d’événements du film autour des personnages principaux. » Il faut savoir qu’à ce moment là, l’affiche était un objet publicitaire, elle servait à faire venir les gens au cinéma. On retrouve avec bonheur les affiches des films avec Belmondo, Gabin, Brigitte Bardot, les James Bond, Spartakus… On savoure les jeux de couleur, on apprend qu’Yves Thos adorait dessiner les femmes, souvent dénudées, (c’était avant MeeToo…), leurs jambes, pour lesquelles sa femme posait. Quand sa carrière d’affichiste s’est achevée, Yves Thos s’est tourné vers la peinture, on verra dans le chevet de la chapelle plusieurs de ses portraits d’actrices et d’acteurs. Au centre de l’exposition, des vitrines montrent les photos qui ont servi de modèles aux affiches.
Une passionnante plongée dans une grande époque du cinéma.
Du mardi au dimanche de 11h à 17h, entrée libre, visite gratuite guidée tous les mercredis.