
Retailleau : l’arrière-monde
Le ministre de l’Intérieur ne compte pas faire de concessions idéologiques, mais qui veut-il séduire ?

Florilège de ministres
Le ministre de l’Intérieur ne compte pas faire de concessions idéologiques, mais qui veut-il séduire ?
Bruno Retailleau, député de Vendée, successeur de Philippe de Villiers, féru catholique, fin stratège du groupe LR du Sénat depuis 2014, veut appliquer son triptyque favori au gouvernement : ordre, autorité, fermeté et déclare avoir trois priorités : « rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre. »
Au sein de LR, il a défendu et défend des mesures contraires à la Constitution : préférence nationale pour l’accès aux prestations sociales ; limitation des dépôts de demande d’asile au sein des postes consulaires français à l’étranger ; délit de séjour irrégulier, réforme de l’aide médicale d’État, car pour lui, l’immigration n’est pas une chance pour la France : « des gens qui n’ont pas la même culture que nous, ce sont des gens qui viennent, non pas pour être français, mais bien souvent pour profiter des droits sociaux. » En matière de sécurité, il est favorable à la réintroduction des peines plancher pour les récidivistes supprimées en 2014, et d’une politique de « tolérance zéro » pour la petite délinquance. Il voit, dans les opposants aux crèches dans les lieux publics, « le stade ultime de la bêtise » et « l’alliance de l’ignorance et du sectarisme ».
B. Retailleau a voté contre l’inscription de l’IVG dans la constitution, menée campagne pour abolir le mariage pour tous et est contre le projet de loi sur la fin de vie. Réputé rigide et inflexible, il a, jusqu’alors, condamné toute « alliance avec le Rassemblement National » disant : « avec le RN, on ne s’associe pas, on se soumet » il compte néanmoins parmi ses conseillers un ancien du Front national et créateur du courant droite forte chez les Républicains. N’ayant jamais caché son hostilité à Macron, notamment sur les questions économiques, il ne se gêne pas pour le tacler publiquement et il considère que « l’État de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré ».
Retailleau ne respecte pas le verdict des urnes, il dévalorise la vie et le monde réel, enlaidit la démocratie, c’est l’arrière-monde !
Ray Cathala