
Rentrée 2021 après comme avant la Covid

Le ministère de l’éducation nationale ne se donne même pas les moyens d’appliquer ses réformes.
Écoles. Le comité technique départemental décidant des ouvertures et fermetures de postes dans le premier degré s’est tenu mardi 2 mars. Bilan.
Si l’on s’en tenait aux chiffres bruts, 23 fermetures et 20 ouvertures de classes, on pourrait se satisfaire de la « seule » suppression de 3 classes. Ce que visiblement ont fait les représentants de l’Unsa en votant pour le projet du directeur académique. En fait, les priorités affichées par le ministre, à savoir le dédoublement des classes de grande section de maternelle en zone prioritaire (REP+), la création d’un poste de directeur référent, une décharge pour coordonner les ressources auprès des élèves en situation de handicap, « coûtent » à elles seules 20 postes, alors que la dotation est de 15 postes. Ce sont donc 5 postes qui manquent. Par ailleurs, sur les 20 ouvertures, seules 9 sont de réelles ouvertures de classes et 11 concernent les dédoublements en grande section REP+. Encore qu’il faudrait nuancer. Si l’année de la mise en place des dédoublements, l’effectif maximum était de 12 élèves par classe, il atteindra cette année 15, voire 20 élèves. Malgré cela, là où il y a dédoublement, on frôle parfois les 30 élèves dans les petites et moyennes sections qui, elles, ne sont pas déboublées. Sans compter que toutes les maternelles REP + ne sont pas encore concernés par ces dédoublements.
La lutte paie
Le SNUipp se félicite en revanche d’avoir évité trois fermetures prévues : aux Platanes à Perpignan, à Saint-Laurent-de-la-Salanque et à Saint-Laurent-de-Cerdans, et d’avoir obtenu quatre ouvertures supplémentaires : à la maternelle de Saint-André – où la moyenne par classe était de 28,5 élèves –, à la maternelle de Villeneuve-de-la-Raho, en élémentaire à Toulouges et au Soler – classe bilingue –.
A l’inverse, il déplore la fermeture de l’école de Fontpédrouse et son transfert sur Olette, avec ses deux classes, à multi-niveaux.
Quant au regroupement des trois écoles de Palalda et d’Amélie en une seule, il est fort à craindre que, d’ici 2024, Amélie se retrouve avec deux classes de moins, la moyenne par classe étant de 20 élèves.
On aurait pu s’attendre à ce que, après l’année chaotique 2020 due à la pandémie, le gouvernement ait pris conscience de l’urgence à accorder des moyens humains supplémentaires à notre système éducatif. Ce n’est manifestement pas le cas puisque le ministère ne se donne même pas les moyens d’appliquer ses propres réformes.