Rendre claire la lutte contre l’antisémitisme

Rendre claire la lutte contre l’antisémitisme

© naughton
Critiquer ou s’opposer au sionisme en tant que forme de nationalisme, ne relève pas en soi de l’antisémitisme.

Jérusalem. En relevant que la définition de l’antisémitisme adoptée par le Parlement européen et la France n’était pas claire, 200 chercheurs ont précisé ce qui en relevait ou pas.

Le 25 mars dernier, 200 universitaires de plus d’une quinzaine de pays dont la France, les plus nombreux venant d’Israël et des États-Unis, ont publié un texte dénommé « Déclaration de Jérusalem sur l’Antisémitisme » (JDA). A l’issue de 6 mois de travaux, ces chercheurs spécialistes à l’autorité incontestable dans les domaines de l’histoire de l’Holocauste et des études juives, ont voulu s’opposer aux dérives les plus graves permises par la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA). 

Cette organisation regroupant 31 États avait adopté en 2016 le texte suivant : « L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, pouvant s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives » en précisant également que « l’État d’Israël, perçu comme une collectivité juive, peut aussi être la cible de ces attaques ».

L’antisionisme n’est pas une forme de l’antisémitisme 

Le Parlement européen a voté en 2017 une résolution appelant les États membres de l’UE à adopter et appliquer cette définition de l’antisémitisme.
La France a, de fait, repris cette définition quand le président de la République a déclaré dans l’enceinte privée du dîner du CRIF de février 2019 : « La France, qui l’a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en œuvre la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah », en ajoutant que
« l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme ». 

La campagne BDS n’est pas antisémite

En constatant que la définition de l’IHRA « n’est pas claire sur des points essentiels et qu’elle est largement ouverte à différentes interprétations », les auteurs de la Déclaration de Jérusalem sur l’Antisémitisme ont apporté un éclairage complémentaire. En précisant qu’ils ne partageaient pas tous « les mêmes opinions politiques » ils ont dressé une liste d’exemples qui ne peuvent être considérés comme antisémites. Ainsi, n’en déplaise au président de la République,
« critiquer ou s’opposer au sionisme en tant que forme de nationalisme », est une opinion qui ne relève pas en soi de l’antisémitisme. De la même façon, la JDA précise que ne peut être considéré comme antisémite le fait de « soutenir la demande palestinienne de justice et d’octroi intégral de leurs droits politiques, nationaux, civils et humains, tels que définis par le droit international », et il spécifie plus loin que « le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont des formes courantes et non violentes de protestation politique contre les États. Dans le cas d’Israël, elles ne sont pas, en soi, antisémites. »
Une mise au point qui devrait permettre à la lutte pour les droits du peuple palestinien, comme à la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions de pouvoir s’exprimer plus librement. 

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