
Réhabiliter l’enseignement professionnel et technique

Les formations techniques ont très souvent été perçues comme moins dignes que les formations générales.
Préjugé. Trop souvent perçues comme le parent pauvre du système éducatif, les formations techniques et professionnelles peuvent se parer de belles réussites.
Pour les pouvoirs qui se sont succédé, au-delà des déclarations officielles, l’enseignement technique et professionnel est resté un parent pauvre qui n’a dû son développement qu’aux multiples mobilisations des parents, des enseignants, des professionnels, d’élus (certains…).
Si on regarde la situation du département, de nombreux établissements sont nés dans la douleur, que ce soit dans l’enseignement agricole (et pourtant l’agriculture est une de nos spécialités), que ce soit pour le tourisme (et pourtant c’est aussi une spécialité), pour le tertiaire (on a toujours fait la part belle au secteur privé), pour l’industriel (ce n’est pas une force locale, on a donc fait le minimum). Quant au supérieur, nous nous satisferons de l’IUT et des BTS, fruits des pressions multiples des personnels.
Les formations techniques ont très souvent été perçues comme moins dignes que les formations générales, les orientations des élèves vers les filières professionnelles ont suscité peu d’enthousiasme, y compris dans certaines familles. Les gouvernements successifs ont organisé et organisent encore eux-mêmes la concurrence entre l’enseignement professionnel et les formations en apprentissage, parées de toutes les vertus. C’est moins cher que de construire des lycées professionnels.
Des éléments d’explication : les modèles sociaux qui privilégient les cols blancs aux bleus de travail, les investissements lourds nécessaires pour ces formations, les modèles pédagogiques à l’œuvre dans ces secteurs qui font passer les dimensions pratiques avant les approches théoriques, la prégnance des classes sociales sur les comportements scolaires.
La situation a bougé, l’enseignement professionnel et technique est en droit de se parer de belles réussites. Mais la vigilance doit rester de règle. L’intervention de tous les défenseurs du service publics est plus importante que jamais. L’exigence de la qualité, du plus haut niveau pour tous les jeunes est un principe fondateur d’une école démocratique.