Réforme retraite

Réforme retraite

Les manifestations sont puissantes, en France et dans le département.

Les manifestations sont puissantes, en France et dans le département. Les débats s’accélèrent. Les syndicats sont rassemblés. Les partis de « gauche » participent, eux aussi, aux réflexions et aux mouvements. Localement et nationalement. Le journal a recueilli leurs impressions et leurs convictions. 

PCF – Rassembler pour gagner

Ce projet de réforme, porté par l’équipe Macron-Borne, s’inscrit dans une confrontation brutale avec les intérêts des salariés et de la population. Son véritable objectif est de satisfaire la baisse des dépenses publiques, d’affaiblir la sécurité sociale comme le réclament les représentants patronaux, les institutions financières privées et la commission européenne. Peu leur importe la casse sociale et humaine, peu leur importe qu’inégalités et fractures sociales grandissent, notamment chez les jeunes et chez les femmes. 

Nous pensons aujourd’hui qu’il est possible de gagner, de les faire reculer. Le front syndical uni, dans les entreprises et dans les services publics,  contribue à construire un rapport de force favorable. Nous le soutenons. Il convient également d’ouvrir une perspective politique et nous la portons avec notre demande d’un référendum. La pétition lancée pour la soutenir reçoit un très bon accueil. Nous l’accompagnons de propositions alternatives de financement. Dans notre département, depuis plusieurs semaines, nous avons proposé à toutes les forces de gauche une rencontre. Jusque là, la France insoumise n’y est pas favorable. Nous faisons confiance aux initiatives citoyennes pour faire bouger les choses. 

NPA – Stopper la « réforme » et dégager Macron !

Les mobilisations contre la « réforme » des retraites ont été des succès. L’heure est à l’intensification de la lutte pour imposer le retrait de cette contre-réforme. Dans l’unité, une gauche de combat se doit d’être aux côtés des syndicats pour construire une grève dure et qui dure, et établir le rapport de force – dans la rue, les entreprises, les communes, les quartiers populaires – seul capable de faire reculer ce gouvernement au service d’une ultra-minorité capitaliste ultrariche.

Au-delà de ce projet réactionnaire, c’est un ras-le-bol généralisé qu’exprime l’ampleur de la mobilisation : bas salaires, inflation, précarité… Les colères s’agrègent et c’est l’ensemble de la politique gouvernementale qui est contestée.

En gagnant sur les retraites, les classes populaires seront en mesure de de gagner aussi sur les salaires, l’emploi, les services publics et de stopper les dérives autoritaires et racistes. À contrario, une défaite, dont profiterait l’extrême droite, ouvrirait la voie à de nouvelles régressions antisociales et antidémocratiques.

Gagner est vital pour stopper ce projet et dégager Macron et son gouvernement. Pour une alternative vraiment à gauche !

PS – Nous serons dans la rue

Alors qu’une très large majorité des Français est opposée à la réforme, qu’il y a des millions de personnes dans la rue pour le faire savoir, que les syndicats sont unis, le gouvernement méprise l’ampleur du mouvement en se contentant de proposer des ajustements dans le cadre d’une vision comptable et déshumanisée. Pire, il culpabilise les gens ! Mais quand on parle des retraites, on interroge notre projet de société. Les Français veulent pouvoir profiter de quelques belles années après une vie de travail. Le gouvernement doit l’entendre. Il ne peut pas continuer à dire que le départ à 64 ans n’est « pas négociable ». D’autres choix sont possibles. La réforme Borne qui tente d’être imposée à un très mauvais moment est injuste et brutale. Les Français sont épuisés face aux diverses crises (sanitaire, climatique, guerre, inflation) et l’effort collectif qui est demandé ne pèse pas de la même manière sur tout le monde. Ce projet doit être retiré purement et simplement pour permettre la réouverture de discussions sereines, l’issue ne pouvant certainement pas être trouvée dans le cadre contraint des débats parlementaires. La responsabilité de l’exécutif est là aujourd’hui. En attendant, nous serons dans la rue.

EELV – La place du travail

Bricolage cruel, injuste et injustifié, la « réforme » des retraites portée par M. Macron manque une question fondamentale : celle de la place du travail, dans notre société comme dans la vie de chacun. « J’aime mieux prendre ma retraite par petits bouts, et profiter de mon temps libre tant que je suis beau et jeune, plutôt que vieux et grabataire », disait Alain Lipietz en 2010. N’est-ce pas en effet aussi important d’avoir un travail que de pouvoir s’en libérer : en fin de carrière, bien sûr, dès 60 ans, mais aussi tout au long de la vie ? Les écologistes sont favorables à la semaine de quatre jours, une décroissance du temps de travail finançable par une meilleure taxation des plus riches. Mais également synonyme d’une décroissance de la production et de la consommation telles qu’elles sont voulues et promues par le capitalisme. Vivre bien en disposant de moins, à condition de répartir mieux, c’est possible. Et c’est urgent, alors que l’habitabilité de notre planète est menacée par la façon dont nous exploitons ses ressources et détraquons son climat. Ainsi que le répète Marine Tondelier : « à quoi bon sauver le régime des retraites si dans trente ans il faut affronter un monde à +4°C ? »

LFi – Pour une alternative politique

La mobilisation large et massive s’est appuyée sur le refus d’une réforme jugée injuste, inutile et brutale. L’unité syndicale a pu ainsi se construire très naturellement. La forte participation aux deux premières manifestations l’illustre parfaitement. D’autres initiatives contribuent à la lutte collective, que ce soient sur les lieux de travail ou la marche nationale organisée par les jeunes à Paris le 21 janvier. Pour La France insoumise, il s’agira d’abord de venir en soutien sans faille des actions déjà prévues, les 7 et 11 février. Nous poursuivons dans le département le cycle de réunions publiques sur les retraites lancé depuis novembre, sans négliger le travail militant quotidien (tracts, affiches, médias). Car une des raisons pour laquelle la mobilisation populaire est si puissante, c’est la conscience qu’une alternative politique existe réellement, rendue possible par le score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et la main tendue aux autres formations politiques dans la foulée aux législatives pour créer la Nupes. Le combat des idées déjà gagné, les conditions d’une victoire politique sont donc réunies, en articulant la rue et le Parlement.

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