Quand Lou Bayrou recule… un peu

Quand Lou Bayrou recule… un peu

Pour tenter de durer en tant que chef de gouvernement sans majorité, Barnier avait choisi de faire les yeux doux au Rassemblement National, en vain Marine et ses sbires avaient voté la censure et renvoyé Barnier dans ses terres alpines. ...

Pour tenter de durer en tant que chef de gouvernement sans majorité, Barnier avait choisi de faire les yeux doux au Rassemblement National, en vain Marine et ses sbires avaient voté la censure et renvoyé Barnier dans ses terres alpines. 

Bayrou, son successeur, toujours sans majorité, a choisi l’autre côté de l’échiquier politique, le PS, avec peut-être le secret espoir de fragiliser ceux que Macron ne veut pas voir comme vainqueur des dernières législatives, le Nouveau Front populaire. Et vas-y que je cherche le dialogue, les entrevues, les rencontres, même avec le PC et les écologistes. On laisse la France Insoumise dans sa solitude et dans son attente forcenée d’une présidentielle anticipée. Même les retraites sont concernées : le totem macroniste menacé ! 

Un ministre de l’Économie, un peu à gauche, dit-on, pourrait aider à la manœuvre. Mais la montagne accouche d’une souris. Et à entendre le résultat dans le discours de Bayrou, grosse déception. En peignant la situation financière du système des retraites, il noircit un tableau qui justifie le maintien de la loi. Il attend une clarification de la Cour des comptes, il met hors-jeu le COR, il veut s’appuyer sur un conclave des partenaires sociaux pour tenter d’améliorer une loi, que la droite veut, de toutes les façons, protéger et imposer. La montée au créneau de ses leaders avant la déclaration de Bayrou n’avait pas d’autres objectifs. S’il ne sort rien du conclave, la loi des 64 ans restera la loi et le tour sera joué. Devant ce qui peut apparaître comme la grosse ficelle d’une manœuvre dilatoire, les socialistes hésitent : censure ? Pas censure. 

Le PCF et les Verts décident de censurer. 

D’autres reculs vont compliquer la décision à prendre : 4 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale sont annulées, 2 000 créations de postes d’AESH seront implantés, l’allongement des jours de carence pour les fonctionnaires sera abandonné. De quoi permettre au PS de ne pas voter la censure. La rencontre syndicats-patronat, le début du conclave, a donc eu lieu. Et Bayrou ne cache plus qu’à la fin le Parlement pourrait avoir le dernier mot. On n’a pas fini de parler des 64 ans.

Jean-Marie Philibert

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